Mauritanie : la réforme de l’éducation nationale dans le collimateur des observateurs

Les pistes sur le chantier de l’école républicaine un vœu pieux du président mauritanien en première ligne de la sortie télévisée cette semaine du ministre de l’éducation laissent sceptiques les observateurs.

La réforme de l’éducation nationale voulue par le président Ould Cheikh Ghazouani est née des décombres d’un système éducatif à bout de souffle dont seulement après 60 années d’indépendance seuls 4 pour cent des enseignants arrivent à dispenser 80 pour cent du savoir aux élèves. Les hécatombes des résultats du baccalauréat depuis au moins plus d’une dizaine d’années sont significatives à cet égard. C’est un secteur parmi les secteurs les plus budgétivores avec une masse salariale qui avoisine près de 63 milliards d’ouguiya.

Invité cette semaine de la télévision nationale le ministre de l’éducation nationale laisse entendre le recrutement cette année de 1200 enseignants dont 800 instituteurs du fondamental et 300 professeurs et une centaine d’inspecteurs et de formateurs des écoles normales d’instituteurs. Une priorité au niveau des ressources humaines mais aussi au niveau des infrastructures scolaires avec la construction au minimum de 900 classes d’ici fin 2024.

Si le retour des cantines scolaires est une bonne nouvelle pour les familles modestes il n’en demeure pas moins que la véritable marginalisation des écoliers mauritaniens réside dans le système d’arabisation qui pénalise surtout ceux de la vallée dont les résultats sont inférieurs à la moyenne nationale au niveau surtout du bac.

L’évaluation des enseignants annoncée pour corriger les lacunes au niveau de la formation de base et de la formation continue n’a de sens que dans le cadre d’une refonte du système qui passe par l ‘introduction des langues nationales dans le système éducatif gage de l’école républicaine chère au chef de l’état mauritanien. En excluant la coordination des associations nationales culturelles et celle des enseignants au conseil national de l’éducation la réforme engagée par le gouvernement est un leurre.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 05 mars 2021)

 

 

 

 

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