Kassataya Mauritanie https://kassataya.com Le site d'actualité mauritanie, afrique, monde, politique et société Sun, 15 Sep 2019 09:56:27 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.2.3 https://i2.wp.com/kassataya.com/wp-content/uploads/2017/12/cropped-logo_only.png?fit=32%2C32&ssl=1 Kassataya Mauritanie https://kassataya.com 32 32 139745563 20 millions d’Ouguiyas de la BNM aux sinistrés de Sélibaby https://kassataya.com/2019/09/15/20-millions-douguiyas-de-la-bnm-aux-sinistres-de-selibaby/ Sun, 15 Sep 2019 09:56:27 +0000 https://kassataya.com/?p=46216 La Banque Nationale de Mauritanie, l’une des pionnières du pays, a fait don de 20 millions d’Ouguiyas au profit des sinistrés de Sélibabi, suite aux importantes quantités de pluies et d’inondations enregistrées dans la région. Ce don a été versé au fonds d’aide des sinistrés créé pour la circonstance par les pouvoirs publics. La BNM …

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La Banque Nationale de Mauritanie, l’une des pionnières du pays, a fait don de 20 millions d’Ouguiyas au profit des sinistrés de Sélibabi, suite aux importantes quantités de pluies et d’inondations enregistrées dans la région.

Ce don a été versé au fonds d’aide des sinistrés créé pour la circonstance par les pouvoirs publics.

La BNM ne s’est pas arrêté là, son équipe dépêchée sur les lieux a procédé, en collaboration avec les autorités, à la distribution d’autres aides d’une valeur de 10 millions d’Ouguiyas aux sinistrés.

Par ce geste humanitaire, la BNM contribue à soulager les sinistrés de Sélibabi, en particulier, et du Guidimakha en général.

Notons que la BNM s’est toujours illustrée dans l’humanitaire, via sa Fondation. Ainsi, on peut, entre autres, citer sa contribution significative à la construction du bloc opératoire du centre des spécialités de Nouakchott (ex hôpital Dia) et l’achat de son scanner ainsi que la prise en charge de tous les frais de fonctionnement du dispensaire de Chinguitti construit par la coopération espagnole.

Source : Le Calame (Le 14 septembre 2019)

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Sommet CEDEAO : vers un soutien important au G5 Sahel https://kassataya.com/2019/09/15/sommet-cedeao-vers-un-soutien-important-au-g5-sahel/ Sun, 15 Sep 2019 09:44:14 +0000 https://kassataya.com/?p=46214 Les chefs d’Etat de la CEDEAO réunis cette fin de semaine dans la capitale du Burkina s’engagent pour un plan d’un milliard de dollars pour soutenir le G5 et lancent un cri d’alarme dès maintenant pour un mandat plus offensif de la MINUSMA avant l’assemblée générale des Nations-Unies fin septembre prochain. Les observateurs ne sont …

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Les chefs d’Etat de la CEDEAO réunis cette fin de semaine dans la capitale du Burkina s’engagent pour un plan d’un milliard de dollars pour soutenir le G5 et lancent un cri d’alarme dès maintenant pour un mandat plus offensif de la MINUSMA avant l’assemblée générale des Nations-Unies fin septembre prochain.

Les observateurs ne sont pas surpris de cette recherche de nouvelles pistes des chefs d’Etat de la CEDEAO ( Communauté économiques des Etats de l’Afrique de l’Ouest) pour mieux coordonner le dispositif sécuritaire de la région au moment où le pays organisateur le Burkina est victime de multiples attaques des Jihadistes dont la dernière en date a fait près 30 morts. Les hommes intègres ont l’impression que leur pays est la cible principale des terroristes islamistes.

En effet depuis 4 ans le Sahel est en péril avec 2200 attaques, 11500 morts, des milliers de blessé et des millions de déplacés, des écoles et des infrastructures de santé fermées. Face à ce bilan lourd ce sommet extraordinaire élargi au Tchad et à la Mauritanie s’est engagé à doter l’organisation d’un plan d’un milliard de dollars pour combattre le jihadisme. Il s’agira de ressources propres des états membres.

Cette nouvelle mesure sera présentée au sommet décembre prochain à Abuja au Nigéria. Le moins qu’on puisse dire l’organisation régionale est plus que jamais décidée à soutenir le G5 Sahel dans un conflit sans issue et dont les conséquences économiques et sociales sont considérables.

Les réponses militaires jusqu’ici n’ont pas suffi à contenir les attaques kamikazes des barbus qui reviennent en force malgré la présence des 4500 soldats de la force française Barkhane et des 13000 casques bleus. Le problème c’est le G5 Sahel qui regroupe le Mali la Mauritanie le Niger le Tchad et la Mauritanie ne sont pas arrivés à constituer 5000 hommes. Une faiblesse congénitale liée aux hésitations de la France maitresse d’oeuvre de toutes les initiatives militaires et financière dans cette bande sahélo-saharienne.

Les observateurs ont l’impression que la France mène une guerre dont l’issue est incertaine. La réalité c’est que la réponse militaire ne suffit plus. Le sommet extraordinaire de Ouagadougou l’a compris et va dans le sens d’accroître les efforts de développement des états membres.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

(Reçu à Kassataya le 15 septembre 2019)

Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com

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La CEDEAO, un espace mieux adapté pour gérer une approche structurée de la problématique sécuritaire du Sahel (ministre marocain) https://kassataya.com/2019/09/14/la-cedeao-un-espace-mieux-adapte-pour-gerer-une-approche-structuree-de-la-problematique-securitaire-du-sahel-ministre-marocain/ Sat, 14 Sep 2019 18:51:13 +0000 https://kassataya.com/?p=46211 Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a affirmé, samedi à Ouagadougou, que la CEDEAO « est l’espace le mieux adapté pour gérer une approche structurée et mutualisée de la problématique sécuritaire du Sahel ».   Intervenant à l’ouverture du Sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et …

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Le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Nasser Bourita, a affirmé, samedi à Ouagadougou, que la CEDEAO « est l’espace le mieux adapté pour gérer une approche structurée et mutualisée de la problématique sécuritaire du Sahel ».

 

Intervenant à l’ouverture du Sommet extraordinaire de la Conférence des Chefs d’État et de Gouvernement de la CEDEAO, a relevé que les efforts déployés dans la région en matière de lutte contre le terrorisme sont « substantiels » bien que les réalisations restent « parcellaires ».

Selon lui, « la recette miracle contre le terrorisme reste à trouver. Mais, les bonnes pratiques existent déjà ».

Rappelant que le Maroc a été, lui aussi, touché par le fléau du terrorisme, il a assuré que le Royaume est animé par une véritable démarche de coopération et un authentique esprit de partage.

Revenant sur l’expérience du Royaume, le ministre a relevé que l’approche marocaine repose sur « une vision tracée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, dès l’entame de Son règne: coopérative et humaine ».

Coopérative, car le Maroc a été pionnier dans la détection de la menace terroriste dans la région du Sahel et du Sahara, a-t-il expliqué, en citant à cet égard un extrait du Discours du Trône de 2014 dans lequel le Souverain avait appelé à « une riposte collective aux organisations terroristes, qui trouvent un allié dans les bandes séparatistes et les hordes pratiquant la traite des humains et le trafic d’armes et de narcotiques, en raison de l’imbrication de leurs intérêts respectifs ».

L’approche humaine est articulée, quant à elle, autour d’un triptyque indissociable: sécurité, développement humain et formation, a encore souligné le ministre marocain, pour qui « la dimension sécuritaire est nécessaire, bien qu’insuffisante à elle seule ».

Par ailleurs, a-t-il ajouté, le développement humain, est la clé de la durabilité de l’action contre le terrorisme.

« Assécher le terreau du terrorisme, commence par assécher les affluents qui irriguent : précarité, chômage, déficit éducatif … Créer de la richesse, c’est appauvrir le terrorisme et le priver de ses arguments les plus accrocheurs », a affirmé M. Bourita, en soulignant, au passage, l’importance de la dimension formation.

Face aux défis de la lutte contre le terrorisme, le ministre a indiqué que le Maroc répondra présent à chaque fois que son soutien est utile, notamment en matière de formation des forces de sécurité, d’échange de renseignement et de formation des prédicateurs. Le Royaume n’a jamais hésité à partager son expérience, avec les pays alliés, frères et amis, a-t-il fait savoir, en affichant la disposition du Maroc à apporter son soutien à la mise en place du Collège de Défense du G5 Sahel à Nouakchott.

S’agissant de la participation du Royaume à ce sommet, il a indiqué que la présence du Maroc à ce sommet extraordinaire, en partenaire de premier plan de la CEDEAO, se veut une marque de l’excellence des relations d’amitié et de coopération avec l’ensemble des pays de la région.

Ce sommet, qui tombe à point nommé, répond à des attentes concordantes pour une action durable, volontariste et concrète, de même qu’il marque une inflexion dans le traitement de la problématique terroriste dans notre région, a-t-il ajouté.

Sur instructions royales, une délégation composée de M. Bourita, et du Directeur Général d’Études et Documentation, M. Mohamed Yassine Mansouri, représente le Souverain aux travaux de cette session.

L’invitation à ce Sommet extraordinaire, témoigne du rôle du Maroc en tant que partenaire de premier plan pour ce groupement régional et les autres institutions dédiées à la lutte contre le terrorisme et l’insécurité dans la région.

APA – Ouagadougou (Burkina Faso)

Source : Agence de Presse Africaine

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Yahya Jammeh aurait détourné plus de 300 millions de dollars https://kassataya.com/2019/09/14/yahya-jammeh-aurait-detourne-plus-de-300-millions-de-dollars/ Sat, 14 Sep 2019 13:46:55 +0000 https://kassataya.com/?p=46206 La commission d’enquêtes présidée par Surahata Semega Janneh, un juriste de renom, accuse Yahya Jammeh d’avoir détourné plus de 300 millions de dollars dans un rapport publié vendredi 13 septembre.   A la suite de cette enquête, Abubacarr Tambadou, ministre gambien de la Justice, a annoncé que le gouvernement de son pays va demander à …

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La commission d’enquêtes présidée par Surahata Semega Janneh, un juriste de renom, accuse Yahya Jammeh d’avoir détourné plus de 300 millions de dollars dans un rapport publié vendredi 13 septembre.

 

A la suite de cette enquête, Abubacarr Tambadou, ministre gambien de la Justice, a annoncé que le gouvernement de son pays va demander à l’Assemblée nationale que Yahya Jammeh, ex dirigeant du pays, soit poursuivi.

« Le préjudice causé par l’ancien président Jammeh aux institutions gouvernementales, aux ressources publiques et aux entreprises d’Etat est tellement important que le gouvernement se doit d’introduire une motion devant l’Assemblée nationale afin que des charges soient portées contre lui pour vol, crimes économiques et corruption », a précisé le ministre.

Une autre enquête publiée le 27 mars par le consortium de journalistes OCCRP estimait le montant des détournements sous l’ère Jammeh à près d’un milliard de dollars en 22 ans de pouvoir.

Source : BBC Afrique

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Le Représentant Résident UNFPA au Ministre de l’Economie et de l’Industrie : «Je salue l’engagement du gouvernement, à travers la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre…» https://kassataya.com/2019/09/14/le-representant-resident-unfpa-au-ministre-de-leconomie-et-de-lindustrie-je-salue-lengagement-du-gouvernement-a-travers-la-declaration-de-politique-generale-du-prem/ Sat, 14 Sep 2019 13:39:16 +0000 https://kassataya.com/?p=46201 Les locaux du Ministère de l’Economie et de l’Industrie ont abrité vendredi 13 septembre 2019 la cérémonie de remise du Rapport Mondial sur la Population 2019 des mains du Représentant Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré au Ministre de l’Economie et de l’Industrie, M. Ckeikh El …

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Les locaux du Ministère de l’Economie et de l’Industrie ont abrité vendredi 13 septembre 2019 la cérémonie de remise du Rapport Mondial sur la Population 2019 des mains du Représentant Résident du Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA) en Mauritanie, SEM. Saidou Kaboré au Ministre de l’Economie et de l’Industrie, M. Ckeikh El Kebir Ould Moulay Taher.

 

Au cours de l’audience qui lui a été accordée par le Ministre de l’Economie et de l’Industrie, vendredi 13 septembre 2019, SEM. Saidou Kaboré a félicité le ministre pour sa nomination, mettant en exergue la place importante de l’économie dans les politiques et stratégies de développement, tout en le félicitant de nouveau pour le travail jusque-là accompli par son département. Il a salué au passage l’engagement du gouvernement, à travers la Déclaration de Politique Générale du Premier Ministre, M. Ismaël Ould Bedde Ould Cheikh Sidya le 5 septembre dernier, et avant lui le Chef de l’Etat, en faveur de la santé de la mère et de la jeune fille. Le Représentant considère qu’il s’agit là d’un aspect essentiel pour l’atteinte des ODD en 2030, insistant sur l’importance à investir dans les femmes et les filles, pour booster encore davantage le taux de croissance déjà constant et en progression depuis quelques années. Il s’est félicité des perspectives heureuses de l’économie mauritanienne, compte tenu de la diversité et de la richesse de ses ressources.

Plaidoyer en faveur de la Santé

SEM. Saidou Kaboré a surtout insisté sur l’urgence à relever le défi posé par les décès maternels en Mauritanie où 13 femmes meurent par semaine en donnant la vie, ce qui représente 0,2% des décès maternels par jour dans le monde. Il s’est dit toutefois persuadé que ces indicateurs ne reflètent plus la réalité, car datant de 2015, soulignant que la prochaine Enquête Démographique et de Santé (EDS) prévue cette année, permettra certainement de fournir des chiffres moins alarmants, au vu des efforts entrepris depuis quelques années.  Il a rappelé à ce propos que la Mauritanie fait partie des pays qui ont déployé des efforts remarquables en matière d’investissement dans le secteur de la santé, avec des financements importants, mais qui restent toujours en deçà des engagements d’Abuja, fixant à 15%, la part des Budgets nationaux des Etats dans la santé.

Le Ministre de l’Economie feuillette le Rapport en présence de SEM Kaboré (Crédit Aidara)

SEM. Kaboré a par ailleurs développé devant le Ministre de l’Economie et de l’Industrie, un véritable plaidoyer en faveur du Programme National de la Santé de la Reproduction (PNSR) qui a surtout besoin, selon lui, de moyens plus importants pour assurer le suivi des politiques et stratégies du Ministère de la Santé dans le domaine de la santé de la reproduction et de l’espacement des naissances. Il a évoqué à ce propos la récente tournée régionale d’évaluation dans 5 régions du pays que le PNSR vient d’entreprendre avec le concours de l’UNFPA et la participation de la CAMEC.

Le Représentant s’est dit confiant que tous ces défis trouveront certainement réponse dans la stratégie du gouvernement, à travers le Projet SWEDD et la SCAPP 2016-2030. Il a salué dans ce cadre la mise en place de l’Observatoire régional du Dividende Démographique, soulignant que la Mauritanie est le 6ème pays à avoir entamé le processus.

Il a aussi relevé d’autres défis qui se posent à ce niveau aux femmes, comme les mariages forcés et les mutilations génitales féminines. Il a souligné dans ce cadre les efforts menés par le Ministère de la Santé pour s’attaquer à ces défis au niveau des poches où les taux sont les plus élevés, saluant la décision prise par le gouvernement d’interdire les mariages avant 18 ans, alors qu’elles sont encore 35%  de filles à se marier avant cet âge.

Sur la CIPD 25

Le Représentant Résident de l’UNFPA a également abordé le sujet sur la Conférence Internationale Population et Développement (CIPD) qui fête ses 25 ans cette année à Nairobi (Kenya), en présence des Chefs d’Etat et de gouvernement. Pendant trois jours, du 12 au 14 novembre 2019, a-t-il souligné, les dirigeants du monde vont échanger et discuter sur les avancées accomplies depuis la première conférence du Caire en 1994, ce qui reste à être réalisé, le gap à combler et les solutions.

Réponse du Ministre

En réponse, le Ministre de l’Economie et de l’Industrie a remercié le Représentant Résident de l’UNFPA pour son excellente présentation, prenant le temps de lui dire qu’il connaît bien le Burkina Faso,  pays d’origine du Représentant, lui citant plusieurs localités, du centre, de l’Est et du Nord qu’il a visité. «C’est un pays que je connais bien, un magnifique pays, celui des Hommes Intègres, qui est en train de faire de réels progrès » a-t-il précisé. Le ministre s’est dit content d’entendre de la bouche du Représentant les progrès accomplis par la Mauritanie, notamment dans le domaine de la santé, tout en reconnaissant que le pays enregistre des retards dans beaucoup de secteurs, y compris celui de la santé, en particulier en termes de décès maternels. Selon lui, l’équipe actuelle est engagée à poursuivre les réformes. Il a promis également de faire tout pour que le PNSR soit davantage appuyé afin qu’il puisse mener sa mission dans les conditions optimales.

L’entretien entre le Ministre de l’Economie et le Représentant de l’UNFPA s’est achevé par une photo scellant la remise du Rapport Mondial de la Population 2019.

A noter que la rencontre s’était déroulée en présence de Brahim Vall Ould Mohamed Lemine, Chargé de Programme Population et Développement à l’UNFPA, Ahmedou Ould Mohamedou et Abass Sylla, respectivement Conseiller du Ministre de l’Economie chargé de la Communication et Directeur général des politiques et stratégies de développement.

Cheikh Aïdara

Source : Aidara.mondoblog

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Dabakh https://kassataya.com/2019/09/14/dabakh/ Sat, 14 Sep 2019 12:11:18 +0000 https://kassataya.com/?p=46198 14 septembre 1997-14 septembre 2019. Voici 22 ans que disparaissait Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, troisième khalife général des tidianes. Fils d’El Hadj Malick Sy et de Sokhna Safiétou Niang, il est né en 1904 et a occupé le khalifat de 1957 à 1997, année de sa disparition. Surnommé affectueusement ‘’Borom 40 ans zéro faute’’, …

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14 septembre 1997-14 septembre 2019. Voici 22 ans que disparaissait Serigne Abdoul Aziz Sy Dabakh, troisième khalife général des tidianes. Fils d’El Hadj Malick Sy et de Sokhna Safiétou Niang, il est né en 1904 et a occupé le khalifat de 1957 à 1997, année de sa disparition. Surnommé affectueusement ‘’Borom 40 ans zéro faute’’, en référence à son khalifat, Dabakh a bien marqué son temps et continue de l’être.

Connu pour sa générosité légendaire, Mame Abdou, comme l’appellent certains fidèles, est un intellectuel hors pair qui avait des connaissances en lettres, grammaire, droit islamique, sciences… Le marabout chanteur et poète était aussi un grand exploitant agricole. D’ailleurs, ceci lui avait valu, en 1955, la médaille agricole décernée à lui par le colonisateur.

L’autre trait de caractère qui reste mémorable chez les Sénégalais, c’est son rôle de chantre du dialogue islamo-chrétien et de régulateur social. Car le défunt chef religieux n’hésitait pas à rappeler à l’ordre les Sénégalais (politiques, syndicalistes) de quel que bord qu’ils sont.

L’auteur de la célèbre phrase ‘’Naniou tape xol yi’’ (unissons-nous) continue d’être présent, surtout grâce à son message lancé aux députés. A ces derniers, il leur demandait de toujours voter les lois pour l’intérêt du peuple. Un message diffusé toujours en boucle par les radios à chaque fois que le vote d’une loi, par l’Assemblée nationale, suscite beaucoup de controverses.

 

Source : Enquête plus (Sénégal)

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Mauritanie : l’emploi, la priorité des priorités du gouvernement de Ould Cheikh Sidya https://kassataya.com/2019/09/14/mauritanie-lemploi-la-priorite-des-priorites-du-gouvernement-de-ould-cheikh-sidya/ Sat, 14 Sep 2019 11:55:02 +0000 https://kassataya.com/?p=46196 Le président mauritanien avait fait de l’emploi sa première promesse électorale. Un mois après son investiture son gouvernement en a fait son principal cheval de bataille pour les 271 000 jeunes recensés en chômage dont la majorité des filles en milieu rural et les 60000 jeunes chômeurs diplômés chaque année. Des chiffres éloquents qui accusent un …

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Le président mauritanien avait fait de l’emploi sa première promesse électorale. Un mois après son investiture son gouvernement en a fait son principal cheval de bataille pour les 271 000 jeunes recensés en chômage dont la majorité des filles en milieu rural et les 60000 jeunes chômeurs diplômés chaque année. Des chiffres éloquents qui accusent un système éducatif déliquescent.

 

A part les secteurs d’économie porteurs d’emploi comme dans les industries extractives, l’agriculture et la pêche c’est la fonction publique qui reste la grande pourvoyeuse d’emploi pour l’Etat. C’est le parent pauvre jusqu’ici de tous les gouvernements successifs et en particulier sous le régime de Ould Aziz qui ne s’est pas rendu compte que chaque année près de 60000 jeunes diplômés sont dans la rue. Un véritable gâchis des cerveaux et de l’argent public dépensé pour leur formation.

Mais la réalité c’est que ces diplômes ne correspondent pas en grande majorité à la réalité du marché du travail. Une inadéquation qui réside dans un système éducatif tourné vers l’enseignement général et accordant peu d’intérêt à la formation professionnelle. C’est conscient de cette déliquescence du système que le ministre de l’emploi va lancer prochainement un plan Marshall pour l’emploi. Et parallèlement l’éducation nationale est appelée à une refonte de son système pour permettre à ces 271 000 jeunes non instruits et en chômage entre 19 et 35 ans et dont la plupart des filles en milieu rural de pouvoir s’insérer dans la vie active. C’est un énorme défi auquel est confronté le gouvernement de Ould Cheikh Sidya.

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

(Reçu à Kassataya le 14 septembre 2019)

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L’adieu du Zimbabwe et de l’Afrique à Robert Mugabe https://kassataya.com/2019/09/14/ladieu-du-zimbabwe-et-de-lafrique-a-robert-mugabe/ Sat, 14 Sep 2019 10:43:38 +0000 https://kassataya.com/?p=46192 Le Zimbabwe rend un dernier hommage national à son ancien président Robert Mugabe, « héros » acclamé de l’indépendance d’un pays, qu’il a fini par laisser exsangue au bout de 37 ans de règne autoritaire.   Une vingtaine de chefs d’État africains, en fonction ou à la retraite, et plusieurs dizaines de milliers de personnes …

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Le Zimbabwe rend un dernier hommage national à son ancien président Robert Mugabe, « héros » acclamé de l’indépendance d’un pays, qu’il a fini par laisser exsangue au bout de 37 ans de règne autoritaire.

 

Une vingtaine de chefs d’État africains, en fonction ou à la retraite, et plusieurs dizaines de milliers de personnes sont attendus dès la matinée dans les gradins du stade national des sports de la capitale, Harare, pour des funérailles en grand apparat.

Robert Mugabe s’est éteint le 6 septembre à 95 ans dans un hôpital de luxe de Singapour où il venait se faire soigner depuis des années.

Un « icône » controversée

 

Contraint à la démission il y a deux ans par un coup de force de l’armée et de son parti, il a laissé derrière lui un pays meurtri par la répression et ruiné par une crise économique sans fin qui a plongé une large part de sa population dans la misère.

« Malgré certains doutes sur ce que certains ont qualifié d’erreurs (…) la position du gouvernement est très claire », a déclaré à la veille des obsèques l’actuel ministre des Affaires étrangères, Sibusiso Moyo, « le défunt président est une icône ».

« Il a fait beaucoup de bien, du point de vue du gouvernement il n’est ni plus ni moins qu’un héros national », a-t-il ajouté.

Mais ses louanges sont loin d’être partagées dans les rues de la capitale, Harare, par le Zimbabwéen moyen entièrement accaparé par sa survie quotidienne, entre chômage, inflation à trois chiffres et pénuries de produits de première nécessité.

« Pourquoi être en deuil quand on souffre comme ça ? », a résumé Ozias Puti, 55 ans, un des nombreux vendeurs ambulants qui occupent les rues de la capitale, « il a détruit ce pays ».

Enterrement dans un mois

 

« Les choses étaient bien mieux sous Mugabe », a rétorqué un chômeur nostalgique de 27 ans, Daydream Goba. « Les prix des produits de base étaient plus bas. Maintenant on n’y arrive plus et la police nous chasse quand on essaie de vendre dans les rues ».

Clivant tout au long son règne, Robert Mugabe a encore réussi à diviser son pays après sa mort sur la question de son enterrement.

Pendant plusieurs jours, sa famille s’est battue pied à pied pour obtenir qu’il soit inhumé dans son village du district de Zvimba, à une centaine de kilomètres de Harare. Le gouvernement de son successeur, Emmerson Mnangagwa, souhaitait au contraire l’envoyer au « Champ des héros », le Panthéon local.

Bras de fer avec Mnangagwa

Les relations de la famille de Robert Mugabe avec Emmerson Mnangagwa sont notoirement mauvaises

La querelle a finalement trouvé son épilogue vendredi. Le « camarade Bob », comme le surnommaient les dirigeants de son parti, sera bien inhumé au monument national d’Harare mais pas avant un mois, le temps de lui construire un mausolée. « On ne l’enterrera qu’une fois la construction de ce mausolée achevée », a dit le président Emmerson Mnangagwa.

Depuis la chute de Robert Mugabe, les relations de l’ex-président et de sa famille avec Emmerson Mnangagwa, qu’il avait publiquement qualifié de « traître », sont notoirement mauvaises.

En novembre 2017, l’armée avait poussé Robert Mugabe vers la sortie après sa décision de limoger Mnangagwa, alors vice-président, sur l’insistance de son épouse Grace Mugabe. La première dame de l’époque convoitait alors de plus en plus ouvertement la succession de son nonagénaire de mari.

Jeune Afrique avec AFP

Source : Jeune Afrique

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La déportée qui a fait gracier son bourreau : la leçon d’humanité de Noëlla Rouget https://kassataya.com/2019/09/13/la-deportee-qui-a-fait-gracier-son-bourreau-la-lecon-dhumanite-de-noella-rouget/ Fri, 13 Sep 2019 20:00:45 +0000 https://kassataya.com/?p=46189 Quasi centenaire, Noëlla Rouget a mené bien des combats. Résistante, cette fervente catholique, hostile à la peine capitale, a contribué à sauver de la mort l’ancien employé français de la Gestapo qui avait précipité sa déportation à Ravensbrück. Noëlla Rouget aura 100 ans le 25 décembre. C’est, à bien des égards, une rescapée. De l’âge, de la …

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Quasi centenaire, Noëlla Rouget a mené bien des combats. Résistante, cette fervente catholique, hostile à la peine capitale, a contribué à sauver de la mort l’ancien employé français de la Gestapo qui avait précipité sa déportation à Ravensbrück.

Noëlla Rouget aura 100 ans le 25 décembre. C’est, à bien des égards, une rescapée. De l’âge, de la guerre, des camps, mais aussi de la haine. Voilà donc devant nous cette femme qui a traversé un siècle, son portrait tel qu’il nous apparaît : chevelure blanche peignée avec soin, petite croix en or enfouie dans le corsage. Et, sous ces apparences à la fragilité trompeuse, ce caractère que l’on sait d’acier trempé, on l’a appris en découvrant son destin avant cette rencontre dans une maison de retraite de Genève. Elle raconte son long voyage dans la vie, avec, au fond de la prunelle, l’ironie ou la surprise de ceux qui ont su si longtemps faire la nique à la mort.

Face à son lit, sur un secrétaire, est posée une photo d’elle prise à Angers, du temps où elle s’appelait Noëlla Peaudeau. C’était il y a une éternité ; elle avait 20 ans et une indomptable crinière de jais. La presque centenaire contemple ce cliché, cette autre elle-même, comme un pense-bête, un miroir de la mémoire, tandis qu’elle tâtonne dans les souvenirs. Et puisqu’une image est ce qui reste du temps qui passe, pour mieux se représenter son histoire, il faut ajouter une troisième figure, extraite de ses albums personnels dans les années 1960 : la voici cette fois en élégante quadragénaire, paradant dans des robes de gala à des dîners chics, ou se promenant sur les rives de la Méditerranée, en tenue d’été. Trois époques, trois femmes, et un singulier parcours…

Noëlla Peaudeau a donc 20 ans au printemps 1940, quand les Allemands débarquent dans le Maine-et-Loire. Son père, Clément, fonctionnaire des chemins de fer, sa mère, Marie, femme au foyer, lui ont enseigné l’humanisme, une morale tirée au fil à plomb et l’absolue croyance en une force supérieure. « Mes parents m’ont transmis une foi chrétienne profonde et des principes de comportement », raconte-t-elle. La gamine est placée dans le pensionnat catholique Saint-Laud, une institution réputée d’Angers. Son frère Georges sera ordonné prêtre dans les années 1930.

Amoureux et résistants

 

En raison de la guerre, Noëlla doit abandonner le rêve de suivre des études de lettres et devient institutrice à Saint-Laud. Elle enrage de voir parader l’occupant dans la ville. Lui vient très vite, vague mais tenaillante, « l’envie de les ennuyer ». Croisant un étudiant qui lui tend un tract, elle lui demande comment elle pourrait se rendre utile. Ainsi démarre son apprentissage dans la Résistance. Elle est d’abord chargée de distribuer les appels à la rébellion, puis de les fabriquer en les tirant sur des ronéos. Devenue ensuite agente de liaison, elle fait passer messages, valises et armes sur son vélo sans frein. Elle adhère en 1941 au mouvement gaullien Honneur et patrie, puis au réseau Buckmaster Alexandre Privet, monté par les services d’espionnage britanniques.

Dans l’appartement genevois de Noëlla Rouget, son portrait, alors qu’elle est âgée de 20 ans, côtoie celui de son frère Georges.
Dans l’appartement genevois de Noëlla Rouget, son portrait, alors qu’elle est âgée de 20 ans, côtoie celui de son frère Georges. ADRIEN GOLINELLI POUR « LE MONDE »

 

En ces obscures années, elle rencontre Adrien Tigeot, un bel homme au visage inquiet, au front large et franc, dont les projets se sont également fracassés sur les écueils du temps. Il a dû renoncer à des études d’ethnologie et est entré à l’Ecole normale, moins prestigieuse, à l’époque, que l’université. Il a rejoint la Résistance, dans un réseau rattaché au Front national, d’obédience communiste, et se dit tiraillé entre ses idées marxistes et une foi traversée de doutes. Noëlla et Adrien, celle qui croyait en Dieu et celui qui ne demandait qu’à y croire, se fiancent. Une photo datée du 30 mai 1943, prise à Corzé où l’instituteur est stagiaire, les montre s’amusant avec une carriole d’enfant. Les bans du mariage viennent d’être publiés quand Adrien est arrêté, le 7 juin, en même temps que deux autres camarades normaliens.

Noëlla est à son tour appréhendée deux semaines plus tard. Deux hommes de la Gestapo se présentent chez ses parents et l’emmènent. La prisonnière croit d’abord que les deux sbires sont Allemands, avant de découvrir, bien plus tard, que l’un d’eux au moins est Français. Son nom : Jacques Vasseur.

Rouage zélé et cynique

 

Ce n’est pas une de ces petites frappes, un de ces êtres sans instruction et sans étoffe que la Gestapo embauche régulièrement comme supplétifs. Il est issu d’une famille aisée, originaire du Nord, qui a déménagé à Angers. Jacques Vasseur a fait HEC à Paris. Alors que des postes séduisants lui étaient proposés ailleurs, il est revenu dans la ville où vit sa mère, Yvonne. Son père étant décédé, il entretient avec elle une relation fusionnelle et castratrice. Yvonne l’a déguisé en fille jusqu’à l’âge de la scolarité. A son procès, des années plus tard, l’homme avouera n’avoir jamais couché avec une femme, « pour ne pas faire de peine à Maman ». Dans toutes ses correspondances, il écrit « Mère » et « Maman » avec une déférente majuscule.

Une de ses grands-mères étant Allemande, il passe ses vacances d’avant-guerre chez elle, à Heidelberg (Bade-Wurtemberg). Parfaitement germanophone, il est fasciné par la montée du nazisme qu’il voit à l’œuvre outre-Rhin. En France, il adhère très vite au Parti franciste, un des grands mouvements collaborationnistes. Embauché en 1942, à tout juste 22 ans, comme simple interprète à la Sicherheitsdienst, un service de la Gestapo, il devient peu à peu un rouage essentiel du bureau d’Angers, centre important qui sévit dans tout l’ouest de la France. Il ne tarde pas à s’y faire remarquer par son zèle et son cynisme. Il sillonne la campagne, se fait passer pour un réfractaire ou un maquisard, gagne sur sa bonne mine la confiance des paysans, leur demande l’asile avant de les arrêter puis de les faire déporter ou passer par les armes. Il infiltre puis démantèle plusieurs réseaux résistants de la région, et participe même aux séances de torture dans les locaux de la rue de la Préfecture.

Portrait de Noëlla Rouget, vers 1943.
Portrait de Noëlla Rouget, vers 1943. COLLECTION PARTICULIERE
Jacques Vasseur, au début des années 1960.
Jacques Vasseur, au début des années 1960. ARCHIVES SUD-OUEST

 

Les survivants raconteront comment, impassible, ce tortionnaire mangeait des cerises tandis qu’on massacrait une femme devant lui, comment il brûla la pointe des seins d’une autre ou s’acharna sur une victime qui était enceinte. D’autres malheureux témoigneront des coups de nerf de bœuf ou du supplice de la baignoire, sa façon d’exercer une pression morale sur les couples en les plaçant face à face. Le tout avec une méticulosité teintée d’une morbide jubilation et d’un sentiment de toute-puissance.

« L’homme à la raie au milieu »

 

Pour tous, ce bourreau est « l’homme à la raie au milieu », bientôt nommé à la tête de la Section IV, chargée de la répression des activités anti-allemandes. Ses appointements mensuels s’élèvent alors à 3 740 francs, une belle somme pour l’époque. A la Libération, il sera personnellement rendu responsable de 430 arrestations sur la période 1942-1944, avec, à la clé, 310 déportations et 230 morts, fusillés ou vaincus par le régime concentrationnaire.

Tombée aux mains de Vasseur, la jeune Noëlla est incarcérée dans l’aile allemande de la prison du Pré-Pigeon. Elle en sera extraite à quatre reprises pour être interrogée par la Gestapo, et dit aujourd’hui n’avoir eu à subir que des gifles. Arrive alors le moment d’une confrontation avec son fiancé, Adrien Tigeot. Elle manque de s’évanouir en le voyant apparaître. « Il avait été torturé. Il était méconnaissable. » Ce sera la dernière fois qu’elle le verra. Le 13 décembre, il est fusillé, avec six camarades, dans la clairière de Belle-Beille.

Juste avant d’être conduit au poteau, le condamné a envoyé un mot d’adieu à sa fiancée. « Une belle lettre », confie simplement la vieille dame. Il y est écrit notamment, d’une main où ne se devine aucun tremblement : « Puisque je ne suis plus, il faut que tu m’oublies, ma chérie, que tu vives. Notre grand amour est fini, il faut que tu guérisses ta plaie, que tu aimes encore. Ne fais pas un mariage de raison, ma Noëlla adorée, aime ton mari, sois heureuse, très heureuse, fais-le pour moi. »

Noëlla ne découvrira ce testament spirituel qu’à la Libération. Après plusieurs mois de détention, elle est extraite du Pré-Pigeon, sans même une parodie de jugement, pour être envoyée, le 9 novembre, au camp de Compiègne. Elle y écrit à ses parents. « Je serai transférée dans un autre camp. N’envoyez plus de colis. Attendez ma nouvelle adresse. » Le 31 janvier 1944, elle est intégrée à un convoi de 959 femmes, déportées à Ravensbrück. Là-bas, dans l’enfer concentrationnaire du block 27, le matricule 27240 côtoie, pendant quatorze mois, les pires atrocités qu’un individu puisse vivre et la plus belle et incoercible des fraternités. Sa foi en Dieu et en les hommes n’en est pas même égratignée. Au contraire, elle la soutient dans l’épreuve. « Nous organisions des prières derrière le block. » A Ravensbrück, elle se lie notamment avec Geneviève de Gaulle, la nièce du Général, et avec Germaine Tillion, dont la mère Emilie sera désignée sous les yeux de Noëlla pour partir vers la chambre à gaz.

Fin de cavale pour le bourreau

 

Quand elle est libérée, le 5 avril 1945, la jeune femme ne pèse plus que 32 kg et souffre d’abcès tuberculeux dont elle mettra plus de vingt ans à guérir. C’est une morte vivante qui revient à Angers, où l’attend l’injonction posthume de son fiancé à tourner la page. Sur les conseils de Geneviève de Gaulle, elle part se requinquer à Château-d’Œx, en Suisse. Navrées de la voir si déprimée, des amies la traînent à un bal. « Je restais dans un coin à bouder. Un militaire m’a demandé si je voulais danser. J’ai fini par l’épouser. » Noëlla se marie avec André Rouget en 1947 et s’installe à Genève, où le couple a deux garçons. Les années passent, censées cautériser toutes les plaies. Elle devient cette quadragénaire active et un brin mondaine, non pas oublieuse, plutôt formidablement résiliente.

Mais le passé revient toquer à la porte au début des années 1960, quand son frère lui annonce que Jacques Vasseur vient d’être retrouvé. « L’homme à la raie au milieu » a continué à sévir après le Débarquement, y mettant même un surcroît de rage destructrice. Il avait fui en août 1944 en Allemagne, dans les fourgons de ses « employeurs », et avait disparu dans la nature du côté d’Heidelberg. Il avait été condamné à mort par contumace le 11 septembre 1945 par la cour de justice d’Angers.

Le 21 novembre 1962, Jacques Vasseur est arrêté par hasard au domicile de sa mère qui, pour fuir la vindicte angevine, est repartie dans le Nord, à La Madeleine-lez-Lille. Son fils l’a rejointe dès 1945 et vit depuis clandestinement dans le grenier de la maison. Pour préserver ce secret, Yvonne ne laisse rien au hasard et pousse la précaution jusqu’à ne jamais acheter deux biftecks chez le même boucher.

Durant ses dix-sept ans de réclusion volontaire, son fils n’a cessé d’étudier. Il se passionne pour la cosmogonie, les mathématiques, apprend huit langues, dont le russe, le japonais et le sanscrit, traduit Tchekhov et Dostoïevski. Il a aussi réalisé une anthologie de 6 000 proverbes de tous pays, compilés dans un épais cahier. Mais la visite de deux gendarmes, pour une raison futile, un jour que sa mère s’est absentée et que Vasseur fait de la plomberie dans la cuisine, révèle sa présence. Il se trahit bêtement, ne résiste pas, semble au contraire soulagé d’arriver au bout de sa cavale.

Abominable litanie d’exactions

 

Noëlla Rouget se rend à Rennes pour une confrontation. « J’ai été surprise par son impassibilité et son arrogance. » Elle doit une nouvelle fois affronter sa froideur hautaine lors du procès qui s’ouvre devant la Cour de sûreté de l’Etat, à Paris, le 20 octobre 1965, sous le chef d’« intelligence avec l’ennemi ». Elle est là, parmi les 190 témoins qui se succèdent pendant quinze jours et rappellent un à un l’abominable litanie des exactions de Vasseur.

Jour après jour, l’envoyé spécial du Courrier de l’Ouest, le quotidien régional d’Angers, noircit les colonnes de ses méfaits, s’étonne comme d’une « énigme » du contraste entre ces abominations et la personnalité « falote » de l’accusé. Lui nie ou, quand il ne peut vraiment pas, minimise. Il se dit « mû par un sentiment d’honnêteté élémentaire », affirme avoir aidé des gens et être victime de « l’ingratitude humaine ». Mais, au sujet de ses accusateurs, il lâche comme autrefois, d’un ton glacial : « Nous verrons tout cela quand nous les aurons sous la main. » Le journaliste du Monde chargé de suivre l’audience ne peut cacher son dégoût : « De tout cela se dégage une impression pénible de mensonge et de veulerie. » Vingt ans après, le procès réveille, en même temps que les souvenirs, les rancœurs.

Physiquement, Vasseur a changé, il n’a plus la raie au milieu et arbore une moustache finement taillée. A la barre, sa mère supplie qu’on la fasse payer à sa place. Dans sa plaidoirie, Me Stanciu, l’avocat de Vasseur, affirme qu’« elle est coupable de l’avoir mal aimé pour l’avoir trop aimé ». L’avocat général Ducasse requiert la mort.

Dans la salle d’audience, Noëlla Rouget a déjà anticipé cette issue. Elle est hostile à la peine capitale, fondamentalement, hier comme aujourd’hui. « Le droit de mort, seul Dieu le possède, ce n’est pas aux hommes de décider », assure la vieille dame, d’un ton soudain péremptoire. Au nom de cette viscérale conviction, elle écrit, le 2 novembre 1965, au président du tribunal, en plein procès. Grande, belle, surhumaine supplique en faveur de celui qui a précipité l’exécution de son fiancé et sa déportation. « Les horreurs vécues sous le régime concentrationnaire m’ont sensibilisée à jamais à tout ce qui peut porter atteinte à l’intégrité tant physique que morale de l’homme, et j’ai rejoint les rangs de ceux qui pensent que, s’il faut combattre l’erreur, nous n’en avons pas, pour autant, le droit de disposer de celui qui a erré, qu’il faut lutter contre la maladie et non tuer le malade, de ceux qui font campagne pour l’abolition de la peine de mort. (…) Nous nous sentirions moins bonne conscience pour accuser nos bourreaux d’autrefois, devenus bourreau nous-mêmes, fût-ce par procuration… Et puis, si l’on veut bien y réfléchir, d’un côté nos milliers de morts, nos souffrances… de l’autre, la mort de Vasseur… Cela ne fera jamais le poids. »

Lettre à de Gaulle

 

L’avocat de Vasseur a beau citer cet appel à la clémence dans sa plaidoirie, le président de la Cour de sûreté, François Romério (1908-1993), reste sourd à cette apostrophe. Lui-même est un fervent adepte de la guillotine – dans les années 1980, il sera le fer de lance de l’association Légitime défense, hostile à l’abolition de la peine capitale. Vasseur est condamné à l’échafaud le 6 novembre 1965, après seulement trois quarts d’heure de délibération.

Anticipant le rejet du pourvoi en cassation, Noëlla Rouget écrit alors au chef de l’Etat, Charles de Gaulle, le 14 janvier 1966. « Parce que je crois en Dieu, en qui je reconnais le seul maître absolu de la vie et de la mort ; parce que je crois en mon pays, à son esprit humanitaire qui l’amènera bientôt, j’espère, par une réforme législative, à abolir la peine de mort ; parce que je crois en vous, Général, que j’ai suivi avec élan, il y a vingt ans, dans les rangs de la Résistance ; et aussi, peut-être… au nom de la grande affection qui me lie à votre nièce Geneviève, je vous supplie, M. le Président de la République, d’user de votre droit de grâce en faveur de Jacques Vasseur. »

Le 16 février, elle reçoit à Genève un bref mot à en-tête de la présidence de la République et du Conseil supérieur de la magistrature : « Vous avez bien voulu attirer l’attention de M. le Président de la République sur le recours en grâce présenté en faveur de Jacques Vasseur. J’ai l’honneur de vous faire savoir que le général de Gaulle a décidé de commuer, par voie de grâce, la peine de mort prononcée contre l’intéressé. » Vasseur sauve sa tête en même temps qu’un autre agent de la Gestapo, Jean Barbier, qui avait sévi à Grenoble. Sa peine est convertie en prison à perpétuité.

Noëlla Rouget relit sa lettre adressée à d’anciennes déportées, datée du 7 mars 1968.
Noëlla Rouget relit sa lettre adressée à d’anciennes déportées, datée du 7 mars 1968. ADRIEN GOLINELLI POUR « LE MONDE »

 

Mais l’attitude de Noëlla Rouget est largement incomprise des autres victimes. « Ma demande de grâce a provoqué une réaction très négative. Mes camarades me disaient que j’avais perdu l’esprit », résume-t-elle. A Angers, elle devient persona non grata. Elle doit s’expliquer dans une autre lettre à d’anciennes déportées, envoyée le 7 mars 1968, qu’elle relit aujourd’hui à haute voix. « J’étais là, au palais de justice de Paris. (…) A plusieurs reprises, il m’arriva d’entendre, de la bouche d’une ancienne victime de l’accusé, une exclamation de ce genre : “Pourquoi le juger ? Qu’on le remette entre nos mains, nous saurons bien le faire mourir à petit feu.” Dans les yeux de celui ou de celle qui parlait, je retrouvais alors la lueur de haine qui brillait dans le regard de nos tortionnaires d’autrefois. (…) Je pense, avec Jean Rostand, que “la civilisation marque un point, que l’humanité est gagnante chaque fois que, dans une conscience, l’horreur de détruire une vie a parlé plus haut que toute autre répugnance”. (…) Ne pensez-vous pas qu’il serait temps de nous affranchir de l’esprit de vengeance qui nous retient prisonnières de ce cercle de haine dont nous avons tant souffert et nous empêche d’être disponibles pour des attitudes autrement constructives ? » Et plus loin : « Après avoir été des témoins de la haine portée à son paroxysme, devenons les promoteurs de la compréhension entre les hommes et du respect foncier de la vie. (…) Peut-être certaines auront-elles envie de me qualifier de traître à leur cause ? Je leur demande de s’accorder le temps d’une réflexion honnête et profonde. (…) Peut-être alors acquerront-elles un peu comme moi la conviction que c’était, agissant ainsi, être plus fidèle à la mémoire de nos mortes, qui avaient fait le sacrifice de leur vie en rêvant d’un monde plus fraternel. »

L’improbable dialogue

 

Cette espérance, cette certitude de la rédemption de tout être, la poussent alors à s’engager plus loin encore : pendant des années, elle va entamer une correspondance avec Vasseur, incarcéré à la prison de Fresnes, au sud de Paris, puis à la centrale de Melun. Elle écrit aussi régulièrement à sa mère, Yvonne. Au total, une cinquantaine de lettres et brouillons ont été exhumés par Brigitte Exchaquet-Monnier et Eric Monnier, un couple franco-suisse qui vit à Genève. Ce duo féru d’histoire a découvert ce personnage hors norme il y a dix ans et s’est lancé avec une dévorante passion dans sa biographie, recueillant son témoignage et suivant sa trace dans les archives françaises et suisses.

Improbable, subjuguant échange entre la résistante et le collabo. D’un côté, l’écriture longue et précise de la déportée. De l’autre, celle à la fois enfantine et imbue de l’ancien gestapiste. « J’espère que cette petite lettre vous parviendra et vous trouvera, ainsi que tous les vôtres, en parfaite santé », écrit ainsi Vasseur, comme s’adressant à une vieille amie. Le tortionnaire ne cesse de louer la hauteur d’esprit de son ancienne victime. « Qu’il me soit une nouvelle fois permis de vous remercier du fond du cœur de vos nobles initiatives en ma faveur… » « Ma Mère et moi, nous avons beaucoup admiré l’élévation de vos sentiments… »

Noëlla Rouget veut croire en lui. Elle met son attitude passée sur le compte de « la guerre, cette guerre qui légitime les pires horreurs, qui peut, d’un jour à l’autre, faire d’un honnête homme un assassin. » Vasseur lui répond avec componction : « Vous avez puissamment contribué à me réconcilier avec les hommes. » Mais il en revient toujours à se plaindre de leurs vilaines manières à son encontre : « Cela m’a touché plus que je ne saurais vous le dire, malgré la réputation de dureté ou d’impassibilité que l’on m’attribua. A vrai dire, j’étais comme un animal sur lequel on a trop frappé… » « De ce flot de passions, je ne veux garder le souvenir que des véritables exemples de charité chrétienne et d’amour du prochain, souvenir d’autant plus vif qu’ils n’ont pas été si nombreux… » Il se pose en victime, geint sur son sort, sur le mauvais traitement carcéral qui lui a fait perdre 20 kg, et s’inquiète pour sa santé. « On ne peut dire que j’aille tellement fort, tourmenté de diabète. Une épreuve que j’accepte. » Il critique le manque « de tact et de délicatesse » de l’administration pénitentiaire. « Je serai toujours heureux d’avoir de vos nouvelles et m’efforcerai d’y répondre, même au risque d’être fouetté à mort. »

Il dit son ennui en prison : « Ces lieux où le temps stagne, gris et monotone, et où nous vivons comme ces arbres puissants au bord d’un canal mort, boueux, sur lequel jamais rien ne passe. » Ce à quoi la rescapée du Pré-Pigeon, de Compiègne et de Ravensbrück lui répond : « J’ai eu aussi cette impression deux années de ma vie et, sur ce canal, contre toute attente, a soufflé un jour un grand vent, celui de la libération. Depuis lors, des hommes et des femmes rencontrés sur mon chemin, même peu nombreux par rapport à la masse m’ont fait oublier la “boue du canal”. Puisse semblable bonheur vous arriver un jour. »

Ni remords ni excuses

 

Jamais Vasseur n’exprime un remords, n’écrit un mot d’excuse ou d’explication. Le dialogue semble largement de sourd entre cette femme soucieuse de faire jaillir une étincelle de contrition et cet homme enclin à pleurer sur lui-même. Noëlla Rouget n’en participe pas moins activement à une campagne, qui débute dans les années 1970, afin que sa peine soit allégée. Le président Georges Pompidou la ramène finalement à vingt ans. Avec les remises de peine, le détenu est libéré en octobre 1983.

En prison, comme dans sa grotte de La Madeleine-lez-Lille, il a multiplié les travaux intellectuels, entre autres un recueil sur les origines des prénoms occidentaux. En 1974, il s’est marié avec une bibliothécaire allemande, Johanna, qui l’a aidé par correspondance dans ses recherches. Sitôt élargi, il disparaît et ne donnera plus de nouvelles à Noëlla Rouget. Il ne réapparaîtra que comme le personnage d’un roman publié en 2008 par Dominique Jamet, Un traître (Flammarion), inspiré de son histoire.

Un journaliste du bureau angevin d’Ouest-France, Benoît Robert, retrouvera finalement sa trace à Heidelberg, trente ans plus tard. Redevenu libre, Vasseur a vécu sans se cacher et a même publié des livres d’astronomie ou des histoires pour enfants. Le journaliste se rend sur place en 2014, découvre que Vasseur est décédé le 7 février 2009. Il tente d’entrer en contact avec sa veuve, la bibliothécaire, mais se fait éconduire brutalement. « Vous avez votre vérité et j’ai la mienne. Ça ne m’intéresse pas de parler de ça », lui répond Johanna, avant de l’insulter, en claquant la porte.

Ainsi donc, le gestapiste français ne se sera jamais racheté. A aucun moment, il n’aura renié ses anciennes convictions. Noëlla Rouget non plus, et c’est ce qui compte à ses yeux. Les trois femmes – la jeune fille rêveuse, la femme qui prêchait le pardon de la société et la vieille dame qui espère toujours en Dieu et en l’être humain – seront restées fidèles à elles-mêmes.

Benoît Hopquin

Genève, envoyé spécial

Source : Le Monde (Le 11 septembre 2019

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Sénégal : une passe d’armes sur Cheikh Anta Diop enflamme la toile https://kassataya.com/2019/09/13/senegal-une-passe-darmes-sur-cheikh-anta-diop-enflamme-la-toile/ Fri, 13 Sep 2019 16:15:38 +0000 https://kassataya.com/?p=46186 Le débat entre le journaliste Boubacar Boris Diop et le philosophe Souleymane Bachir Diagne sur la portée de l’œuvre du défunt historien Cheikh Anta Diop, alimente les pages « Tribunes » de plusieurs journaux, de même qu’il passionne beaucoup d’internautes qui via les réseaux sociaux souhaitent la poursuite des échanges intellectuels ou leur fin, car …

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Le débat entre le journaliste Boubacar Boris Diop et le philosophe Souleymane Bachir Diagne sur la portée de l’œuvre du défunt historien Cheikh Anta Diop, alimente les pages « Tribunes » de plusieurs journaux, de même qu’il passionne beaucoup d’internautes qui via les réseaux sociaux souhaitent la poursuite des échanges intellectuels ou leur fin, car chacun des protagonistes a fait jaillir sa lumière.

 

A un « Bachir tu permets ? » de Boris Diop, le professeur Diagne a répondu « Je vous en prie » dans une longue tribune publiée mardi et où il estime que ses propos ont fait l’objet d’une interprétation tronquée de la part du journaliste-écrivain.

Disciple de Cheikh Anta, ce dernier considère, dans sa première sortie, que Diagne « a enfoncé une porte ouverte » et se demande si le philosophe n’est pas en train de « suggérer que la belle réputation de Cheikh Anta Diop est largement surfaite ».

Il y a 20 ans, Diagne avait publié un hommage dont le texte a été repris en avril 2018 par la revue sud-africaine Chimurenga, sous le titre « In the Den of the Alchemist » (Dans l’antre de l’Alchimiste).

A la suite de la lecture de cet article, Boris Diop a soulevé plusieurs griefs à l’encontre de son compatriote philosophe, notamment le déni de la paternité du laboratoire de Carbone 14 à l’auteur de « Nations nègres et culture » et surtout le rappel de « la mention +honorable+ – disqualifiante – ayant sanctionné la thèse de Diop en Sorbonne, sans un mot sur le contexte idéologique et politique de cette soutenance très particulière ».

S’inscrivant en faux contre ces accusations, Souleymane Bachir Diagne, enseignant à l’université Columbia des Etats-Unis, renvoie le journaliste à cette phrase contenue dans l’article en question et qui témoigne de son respect pour l’égyptologue : « il y a un signe qui ne trompe pas et qui distingue les grands hommes, c’est la capacité de transformer l’exil en royaume. Diop (Cheikh Anta) a montré cette capacité ».

Et Bachir Diagne de poursuivre en reprécisant certains de ses points de vue, concernant notamment la querelle entre Cheikh Anta Diop et l’écrivain kenyan Ngugi Wa Thiong’o sur l’adoption des langues africaines pour le « remembrement du continent ». Là où le premier plaide pour un « pluralisme » linguistique, le second milite pour une « unification ».

Pour le philosophe, « les deux positions se défendent dans une discussion honnête et celle qui considère une langue comme instrument d’unification est en effet la définition du jacobinisme ».

Rappelant sa liberté de pensée en tant que philosophe, il assène : « On peut avoir sur tout des différences. Les exprimer comme telles, argumenter et contre argumenter, c’est le métier que j’exerce ».

Se délectant de ces échanges teintés de civilités et qui renseignent beaucoup sur l’œuvre du natif de Thieytou, mort en 1986 à l’âge de 62 ans, plusieurs internautes ont témoigné de leur satisfaction, tout en espérant une prochaine réponse de Boris Diop en vue d’enrichir le débat.

Ainsi, dans un forum de journalistes, certains souhaitent qu’on laisse « les deux s’affronter loyalement, (car) c’est l’intelligence en action » là où d’autres saluent ce « frottement (qui) est bénéfique à tous », au motif qu’on a affaire à deux « esprits éclairés ».

« Voilà un débat intellectuel contradictoire auquel on doit s’attendre : tous les deux auteurs pertinents dans leur argumentaire respectif », s’extasie un journaliste dont l’enthousiasme est tempéré par quelques confrères, craignant qu’un tel débat n’impacte négativement sur les relations sociales entre les deux intellectuels.

« Je pense, écrit un de ces +sapeurs-pompiers+, qu’il y a du respect dans la posture des deux hommes. Contrairement aux confrères, j’aurais souhaité que cela s’arrête là. Chacun a dit l’essentiel ».

APA-Dakar (Sénégal) de notre correspondant : Omar Dembelé

Source : Agence de Presse Africaine

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