
Deutsche Welle – Le Burkina Faso a récemment rétabli la peine de mort, tandis que la RDC a levé le moratoire qui empêchait son application depuis plus de vingt ans.
En plus de ces deux pays, d’autres Etats africains conservent la peine de mort ou la pratiquent. Une situation préoccupante pour les droits l’homme sur le continent.
‘’ La peine de mort est à abolir …‘’ : c’est ce que soutient maître Mamadou Ismaïla Konaté, avocat, homme politique et ancien ministre de la Justice du Mali, entre 2016 et 2017.
Une situation différente selon les pays
Pourtant, en Afrique, une vingtaine de pays prévoient encore cette sanction extrême dans leur arsenal juridique. Maître Mamadou Ismaïla Konaté range ces Etats en deux catégories. D’abord, les plus radicaux.
‘’ Parmi ces pays, il y en a trois qui procèdent systématiquement à des exécutions : l’Egypte, la Somalie et le Soudan. Il s’ajoute la Libye depuis 2026. ‘’
Ensuite, il y a des pays africains qui continuent de prononcer des condamnations à mort sans, toutefois, procéder à des exécutions.
‘’ En 2025, c’était notamment le cas du Mali et du Niger. Il s’agit également du Burkina Faso, du Nigeria, de la RDC, du Soudan, de la Mauritanie, de l’Ethiopie, du Kenya, de la Tanzanie, des Comores et de la Gambie. ‘’
Pour autant, actuellement, ‘’ la situation est moins catastrophique que l’on pourrait le croire, ‘’ affirme Anne Denis, la responsable de la commission peine de mort à Amnesty international France.

Anne Denis soutient qu’il existe aussi des pays qui réduisent le champ d’application de la peine de mort, ou d’autres qui choisissent de l’abolir.
‘’ Jusqu’en 2022, il y en avait 23 qui avaient aboli. Il y en a eu un de plus en 2024. Deux avaient aboli pour les crimes de droit commun : le Burkina Faso et la Zambie. La Zambie en 2024 a aboli la peine de mort pour tous les crimes. Le Zimbabwe l’a aboli pour les crimes de droits communs. Le total est quand même intéressant. C’est en Afrique Subsaharienne qu’on a vu le plus d’abolitions se succéder. ‘’
Un rétablissement pour des raisons de sécurité
Néanmoins, le Burkina Faso, qui avait aboli la peine de mort en 2018, vient de la rétablir pour les actes de terrorisme, d’espionnage, de trahison, ou encore dans les cas de parricide et d’importation de produits périmés ou prohibés, ayant entraîné la mort.
Pour Amnesty international, la question de la peine capitale revient souvent dans des Etats africains confrontés à de graves questions sécuritaires, comme des rébellions de milices armées ou des attaques terroristes.
À ce jour, une trentaine de pays africains ont aboli la peine de mort, pour tous les crimes ou pour les crimes de droit commun, tandis que plusieurs autres maintiennent un moratoire sur les exécutions.
Correspondant en Guinée pour le programme francophone de la Deutsche Welle
Source : Deutsche Welle (Allemagne)
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