La menace du gouvernement d’expulser les familles résidant à proximité de l’hôpital Sadaka, Moughata d’Arafat, à Nouakchott, est considérée par les observateurs comme une violence administrative contre des populations précaires.
La perspective d’une opération d’expulsions de familles à Arafat s’inscrit dans une logique désormais familière au nom de la modernisation de la capitale. Ce déguerpissement envisagé par le gouvernement repose sur une idée dangereuse c’est-à-dire que les pauvres sont un problème à déplacer, pas des citoyens à protéger. Les justifications d’occupation illégale de terrains cachent des réalités brutales d’absence de consultation des nombreuses familles propriétaires de ces terrains et l’absence tout court de respect des droits humains les plus élémentaires. Leur présence dans ces gazras témoigne de l’échec de l’État à fournir un logement décent, non d’une faute de leur part. L’hôpital Sadaka devient ainsi un symbole d’un développement sans justice sociale. Pour les observateurs, l’argument sanitaire ou infrastructurel du gouvernement ne tient pas.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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