
Depuis une décennie, les fraudes se multiplient surtout dans les salles d’examen. Cette année, la palme d’or revient aux candidats au Brevet d’études du premier cycle. Ils sont 127 surpris en possession de téléphones portables.
En Mauritanie, la triche est devenue en quelques mois une économie parallèle comme les réseaux de drogue. Dans les concours administratifs, les examens militaires, le baccalauréat, les écoles de santé, les fuites de sujets circulent avant les épreuves. Pour les observateurs c’est une défaillance du système éducatif qui ne fait plus l’unanimité des Mauritaniens. La triche est devenue un moyen de verrouiller l’accès aux postes publics, aux écoles prestigieuses, aux carrières administratives. Ce qui se passe actuellement dans les examens du Bac et du BEPC ressemble fort à une école transformée en marché noir. La fraude de 127 élèves au Brevet révèle une crise morale profonde. Avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication, les réseaux sociaux, nous assistons à une fracture générationnelle. Les jeunes ne croient plus au mérite. Le réseau de triche démantelé cette semaine à Nouakchott, est le symptôme d’un pays où la réussite ne se construit plus, elle s’achète.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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