
La création d’une commission d’enquête sur les incendies des deux centrales, présidée par l’ancien ministre Ousmane Kane n’est pas un acte de transparence. Pour les observateurs c’est un acte de gestion politique du scandale.
Sur le papier, la composition de la commission indépendante ressemble à une équipe solide. Dans la réalité politique mauritanienne, cela ressemble surtout à un dispositif de containment, un ancien ministre Ousmane Kane, figure du sérail, un inspecteur général d’Etat, contrôleur des marchés publics, des experts étrangers pour une caution technique et un délai court d’un mois. Toutes ces personnalités parlent d’elles-mêmes. Ould Ghazouani veut un rapport maîtrisé, pas une vérité dérangeante. Ce choix est un signal de continuité, où les mêmes responsables enquêtent sur les dégâts produits par leur propre système. Les centrales n’ont pas brûlé par hasard.
Les observateurs craignent que cette commission passe sous silence les responsabilités politiques dans la dégradation du réseau, encore moins les réseaux de rente autour de l’énergie et enfin une absence de contrôle réel des infrastructures publiques. Une vraie commission indépendante ferait une enquête crédible qui exigerait l’exclusion de toute personnalité ayant exercé des responsabilités dans l’énergie et l’audition aussi bien des techniciens que des directeurs. Il sera difficile pour l’ancien ministre Ousmane Kane de faire de cette commission un outil de vérité mais un outil de gestion politique du scandale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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