
L’annonce faite cette semaine à Nouakchott par le gouvernement de numériser les permis de conduire et les plaques d’immatriculation intervient dans un contexte où la mortalité routière atteint des niveaux alarmants, avec des accidents quotidiens sur tous les grands axes.
Les observateurs pointent un régime de Ould Ghazouani de paradoxes. Sur le papier, la promesse de réduire les faux permis et les fausses plaques pour renforcer la sécurité routière ne suffit pas pour réduire la mortalité routière. Dans un pays où la fraude documentaire est réelle, les plaques artisanales circulent, les permis non conformes sont courants. Cette promesse de modernisation des papiers ne touche pas le cœur du problème. Les accidents ne viennent pas des papiers, mais du système routier défaillant. La numérisation des permis ne change pas les vitesses excessives encore moins les surcharges ou la fatigue des conducteurs. En mettant en avant la numérisation, l’État donne l’impression d’agir alors que le pays souffre d’une absence de politique nationale de sécurité routière cohérente. Le gouvernement de Ould Diay devra sortir de l’illusion technocratique pour réformer le permis de conduire.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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