
L’agression d’un commerçant en plein jour et sans intervention des forces de l’ordre faute de véhicule disponible et l’indifférence des passants, sont révélatrices d’une capitale dangereuse d’année en année.
C’est la preuve visible d’un État qui n’assure plus la protection minimale de ses citoyens, et d’une société épuisée, désorientée, parfois résignée. Quand un commerçant se fait attaquer en plein jour dans la capitale sans intervention de la police, ce n’est pas un accident. C’est tout un système qui se dévoile. Autrement dit une police sans moyens et sans volonté et déconnectée des besoins de la population notamment les plus vulnérables. Dans une société où l’État n’assure plus la sécurité, les citoyens se replient sur eux-mêmes donnant l’impression qu’ils veulent survivre. Les bandes armées n’apparaissent pas par magie. Elles prospèrent parce que les commerçants sont sans protection, les jeunes sont sans emploi. Ces trois visages de l’insécurité détournent l’attention des citoyens des vraies violences : corruption, impunité, prédation économique. En une décennie, Nouakchott est devenue championne de l’insécurité. Ce sont les politiques publiques qui sont défaillantes. Le ministre de l’Intérieur a renoncé à protéger les siens. C’est un signe de faiblesse de l’État.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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