Agence Ecofin – Les Africains extrêmement fortunés ont vu leur patrimoine cumulé augmenter de 22,4% durant l’année écoulée, porté par la baisse des taux d’intérêt, l’appréciation des monnaies africaines par rapport au billet vert, l’accélération de la transformation numérique et la hausse des investissements dans les minerais stratégiques.
Le nombre d’Africains ultra-riches (particuliers détenant un patrimoine égal ou supérieur à 30 millions de dollars) a augmenté de 23,7% en 2025 pour s’établir à 3 440 personnes, selon un rapport publié le 23 juin dernier par le cabinet de conseil en gestion de patrimoine Altrata.
Intitulé « World Ultra Wealth Report 2026 », le rapport précise que cette augmentation représente la plus forte croissance à l’échelle mondiale et dépasse largement les hausses enregistrées dans les hubs historiques de la richesse tels que l’Amérique du Nord (15%), l’Europe (14,5%) et l’Asie (15,8%).
La fortune cumulée des particuliers africains ultra-riches que les gestionnaires de patrimoine appellent dans leur jargon les « Ultra high net worth individuals » (UHNWI) a atteint 400 milliards de dollars à fin 2025, enregistrant ainsi une croissance de 22,4%. Cette croissance, qui dépasse aussi celle de l’ensemble des autres régions du monde, s’explique essentiellement par les coûts de financement plus favorables, l’appréciation de plusieurs monnaies africaines face au dollar américain, l’accélération de la transformation numérique et de nouveaux investissements liés à la demande croissante des minerais stratégiques dont regorge le continent.
Malgré les fortes hausses du nombre des Africains ultra-riches et de leurs avoirs au cours de l’année écoulée, l’Afrique ne représente que 0,6% de la population mondiale des UHNWI et 0,7% de leur fortune cumulée.
Le rapport souligne d’autre part que l’Afrique est en passe de devenir un hub émergent de la richesse. Le continent devrait en effet rester la région qui enregistrera la plus forte croissance du nombre de particuliers ultra-riches d’ici 2030, avec un taux de croissance annuel moyen de 8,4%, contre 8% pour la région du Pacifique, 6,9% pour l’Amérique latine et les Caraïbes, 6,5% pour l’Asie, 6,1% pour l’Amérique du Nord et 5,6% pour l’Europe.

5 200 Africains ultra-riches en 2030
À la fin de la décennie en cours, l’Afrique devrait compter 5 200 particuliers ultra-riches, grâce notamment au développement massif des infrastructures, à la demande croissante des matières premières et à l’essor des marchés de consommation. Toutefois, sa part dans la population mondiale des personnes ultra-fortunées restera inférieure à 1 %.
À l’échelle mondiale, la population des UHNWI a augmenté de 14,4 % pour atteindre un nouveau record historique de 556 850 personnes en 2025. Ce taux représente la plus forte croissance annuelle depuis 2017. La fortune cumulée de ces individus a bondi de 14,3 % comparativement à 2024 pour se situer à 63 800 milliards de dollars, soit plus du double du PIB annuel des États-Unis. Les portefeuilles d’actifs des individus ultra-riches du monde entier ont été principalement soutenus par les effets d’une inflation en baisse, un flux constant de mesures de soutien budgétaires et monétaires, la résilience des bénéfices des entreprises et un enthousiasme persistant pour les investissements dans l’intelligence artificielle.
Les États-Unis constituent de loin le plus grand hub de la fortune au monde, abritant 206 880 UHNWI, soit 37 % de la population mondiale des UHNWI. La Chine occupe la deuxième place à l’échelle mondiale avec 55 490 personnes ultra-riches, devant l’Allemagne (28 330), le Japon (22 435) et le Royaume-Uni (20 495).

D’ici 2030, la population mondiale des ultra-riches devrait culminer à 746 570 personnes, soit une hausse considérable de 190 000 individus par rapport à son niveau de 2025. Leur fortune nette cumulée devrait augmenter d’un tiers, pour atteindre 85 000 milliards de dollars.
Walid Kéfi
Source : Agence Ecofin
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