La condamnation de trois militants de l’IRA à quatre ans de prison ferme, cette semaine par le tribunal de Nouakchott, est considérée par les observateurs comme un verdict politique, pas judiciaire.
Ces militants du mouvement abolitionniste IRA,la seule organisation qui documente les cas d’esclavage dans tout le pays sont condamnés pour ce qu’ils représentent, des harratins. Le pouvoir tente ainsi de décapiter un mouvement aussi populaire dirigé par le charismatique Biram Abeid et surtout de briser une dynamique qui fait peur au régime. Ce verdict est donc politique, pas judiciaire comme la plupart des procès de l’IRA dont plus récemment deux députés condamnés à quatre ans puis peine réduite à deux avant d’être graciés par Ould Ghazouani. C’est une justice transformée en bras armé de Ould Ghazouani. Cette instrumentalisation envoie un message que l’esclavage ne constitue pas un crime. C’est un affront direct à la dignité haratine et une démonstration de la peur du régime face à la vérité.Pour les observateurs, cette condamnation s’inscrit dans une séquence plus large d’arrestations arbitraires, d’ intimidations policières, de poursuites contre les journalistes de censure médiatique de criminalisation des ONG et de pressions sur les défenseurs des droits humains.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

