Dans un contexte de deuxième phase de la modernisation de Nouakchott, les observateurs reviennent sur une gouvernance depuis 2019 contre les habitants.
En effet, depuis des décennies, les autorités de Nouakchott promettent des “plans directeurs”, des “réformes urbaines”, des “solutions durables”. Après un septennat, Ould Ghazouani sait construire des discours mais ne sait pas construire une capitale. Il suffit d’une petite pluie pour que Nouakchott révèle sa vérité : une ville sans drainage, sans assainissement, sans planification. Ce n’est pas la météo qui est mise en cause mais la gouvernance d’une capitale qui ne date pas d’aujourd’hui. Le premier responsable c’est le foncier, le cœur de la corruption urbaine. Les parcelles sont distribuées comme récompenses, les zones réservées deviennent des zones vendues, les titres se multiplient dans une ville qui grandit et compte plus d’un million d’habitants.
Aujourd’hui, les opérations de déguerpissement des « Gazras » ou bidonvilles servent d’alibi pour relancer un plan d’urgence dont la deuxième phase ne donne pas encore les résultats escomptés. Le deuxième responsable ce sont, le ministère de l’Habitat, la région de Nouakchott, les communes et les agences techniques. Chacun intervient un peu, personne n’intervient assez. Dans cette gestion désorganisée, les quartiers populaires sont devenus des zones de survie, de résistance. Les habitants vivent dans une capitale qui ne les reconnaît pas, sans routes, sans écoles et centres de santé suffisants, sans eau potable et sans électricité et dépendants aux réseaux informels. Tout indique que Nouakchott est une capitale menacée par les eaux, la salinisation et l’absence d’assainissement. Nouakchott n’a pas besoin de projets vitrines.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

