Le retard dans l’exécution des projets structurants depuis 2025, est un secret de polichinelle. En demandant l’accélération des travaux dans le domaine des routes, de l’agriculture et de la construction, le gouvernement entend limiter les effets de l’hivernage sur les chantiers.
La réalité n’est guère luisante. Plus de 104 projets sont en souffrance depuis 2024. Ils sont censés être les moteurs du développement. En deux ans, ils sont devenus des monuments à l’immobilisme. Cette gouvernance qui privilégie l’affichage à l’exécution, révèle une faillite d’Etat maquillée en défis techniques. C’est la captation des marchés publics qui est pointée du doigt par les observateurs. Les avenants abusifs, les surfacturations et les marchés attribués sans transparence ralentissent les chantiers et dégradent la qualité des infrastructures. Et ce sont les populations qui paient la facture des retards. Depuis la nomination de Ould Diay à la tête du gouvernement, l’Etat promet mais ne livre pas. Les rares infrastructures déjà livrées ne tiennent pas la route faute de qualité. Les partenaires étrangers livrent ce qu’ils veulent, quand ils veulent. Et personne n’est sanctionnée. Le retard n’est plus un accident mais une méthode qui permet de repousser les responsabilités. Un projet peut prendre trois ans de retard, cinq ans, dix ans. Et aucune tête ne tombe.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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