En révélant à la presse nationale l’ampleur et les fragilités du réseau électrique, le patron de la SOMELEC, fait un aveu d’échec d’une entreprise stratégique censée être la colonne vertébrale énergétique du pays.
Mais derrière cette façade institutionnelle, se cache un colosse aux pieds d’argile. Depuis sa création, la SOMELEC est chroniquement instable, incapable de garantir un service continu dans une capitale qui dépasse désormais le million d’habitants. Les coupures récurrentes sont significatives à cet égard. L’ampleur territoriale est à l’origine de ces dysfonctionnements. La SOMELEC couvre les capitales régionales, les zones rurales électrifiées, et les interconnexions avec le Mali et le Sénégal. Mais cette expansion s’est faite sans consolidation technique. Ce sont les populations qui paient le prix de cette fragilité sur fond de factures élevées malgré un service instable. Les délestages paralysent les activités économiques. Les observateurs pointent surtout la faiblesse structurelle qui explique les contrats opaques avec la société privée ADDAX,les marchés attribués sans concurrence, les projets solaires mal intégrés, et enfin la dépendance à des fournisseurs étrangers. L’enjeu, ce n’est pas seulement l’électricité mais la capacité de l’Etat à gérer un service public.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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