
Dans un contexte de débat stérile sur un troisième mandat du président Ould Ghazouani en 2029, les Mauritaniens s’interrogent plus sur la dilapidation de leurs biens communs depuis 2019.
Cette interrogation est partagée par les observateurs qui pointent un trésor public qui fonctionne comme une caisse politique. Le constat est sans appel. Des paiements hors budget, des avances non justifiées, des dépenses exécutées avant autorisation, des régularisations a posteriori pour couvrir les décisions politiques. La liste est longue. Et pendant ce temps, près de 3 millions de citoyens ont faim et soif, vivent dans l’obscurité et accèdent difficilement aux services de base. Les enfants ne réussissent plus à l’école. Les dépenses publiques ne sont pas orientées vers le développement mais vers la stabilité politique du régime de Ould Ghazouani. Et chaque année, le gouvernement présente un bilan de son programme sur fond d’une gestion des biens publics chiffrée. Mais ces chiffres ne disent pas la vérité. Les Mauritaniens sont de plus en plus pauvres et pourtant le pays est doté de richesses naturelles incommensurables. La cherté de la vie n’épargne personne avec la hausse de denrées alimentaires, la viande et le poisson dans un pays exportateur de cheptel et de produits halieutiques. Les institutions publiques censées servir les Mauritaniens, se sont transformées en fiefs privés sur fond de détournements de l’argent public et des pertes financières inexplicables. Et pendant ce temps, la dette publique augmente et c’est le contribuable qui trinque.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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