
Deux événements différents ont affecté ce week-end deux capitales afrcaines : l’éboulement d’une décharge à Conakry (30 morts)et, moins tragique, l’incendie à Nouakchott d’équipements électriques qui a plongé en partie la capitale mauritanienne dans l’obscurité, les « beaux quartiers » compris. D’où peut-être le battage médiatique et la relative célérité de la réaction politique. J’aurais également pu évoquer les 20 ans de la tragédie du Probo Koala (1) en Côte d’Ivoire.
Un fil relie ces événements, pouvant se résumer en une formule : trop peu d’État réel et trop d’État apparent. On est dans des secteurs appelant une anticipation, un suivi et une gestion au quotidien. La maintenance et le respect des sujétions, des procédures, notamment réglementaires, la régissant sont un impératif. L’État ne peut en ces domaines se permettre d’être minimaliste. Prions le ciel que le pire n’advienne pas (il est advenu à Conakry). Il n’est pas sûr que « nous » y soyons préparés.
L’expérience montre que, souvent, l’État défaillant est aussi un État irresponsable (au sens juridique du terme), c’est-à-dire qui ne rend pas des comptes. Une fois l’incident (non expliqué) éclusé, on passe à autre chose. Pour paraphraser le poète, est-ce ainsi que le citoyen-contribuable est traité ?
J’ai vu passer au sujet des avaries électriques de Nouakchott un communiqué signé de la Communication de l’entreprise publique. C’est un faux pas à la limite. C’est d’information technique que l’usager veut et non de la com.
Enfin, il y a cette constante et insupportable « ère du soupçon ». Les incidents voire drames surviendraient en raison du choix initial délibéré du matériel et de la qualité de ce matériel.
À ce stade, on n’est pas dans le trop peu d’État mais dans un autre registre.
Tijane BAL pour Kassataya.com
1) En août 2006, un navire à déversé 500 m3 de déchets toxiques sur plusieurs sites à Abidjan (17 morts et des dizaines de milliers de personnes intoxiquées). Trafigura, la multinationale qui a affrété le bâteau se prévaut d’avoir indemnisé les victimes. Qui a autorisé le déversement des déchets toxiques ?
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