
Après la mise en place d’une commission d’enquête sur les incendies des deux centrales de la capitale, un conseil des ministres exceptionnel est considéré comme un signal politique.
Les observateurs ne sont pas surpris de cette réaction du président mauritanien face à l’ampleur de la crise électrique. Ould Ghazouani tente de reprendre la main et de réécrire la réalité. En voulant maquiller les crises, le chef de l’exécutif s’inscrit dans une logique de communication de diversion. Cette mise en scène d’une gouvernance réactive, devient un décor où le pouvoir joue la carte de la gravité pour mieux éviter la responsabilité. L’exceptionnalité du Conseil est un rideau de fumée pour détourner l’attention des crises domestiques : électricité, inflation, chômage, insécurité alimentaire. Les Mauritaniens attendent une réponse à toutes ces urgences. L’exceptionnel n’est pas dans les décisions, mais dans l’ampleur des non dits. Ould Ghazouani est obsédé par sa propre image. Ce qui n’est pas une réponse à l’urgence nationale. Ce conseil exceptionnel est une opération de survie politique, un rituel de communication pour Ould Ghazouani qui peine à convaincre depuis sa rélection.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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