Mauritanie : une grâce qui confirme la dérive autoritaire du système judiciaire

En accordant la grâce aux deux députées de l’IRA, Mariem Cheikh Dieng et Ghamou Achour Salem, le président mauritanien veut jouer la carte de l’apaisement mais pour les observateurs, Ould Ghazouani masque la crise profonde qui traverse la Mauritanie depuis 2019.

Ce geste de Ould Ghazouani qui intervient après que les deux députées venaient de voir leur peine réduite de 4 à 2 ans par la Cour d’appel, est une manœuvre de désamorçage politique. Mais derrière cette grâce qui n’annule pas la privation de leurs droits civiques pendant 5 ans, confirme la dérive autoritaire du système judiciaire, instrumentalisée, puis maquillée en clémence. Pour les observateurs c’est juste une opération politique pour préserver l’image du président mauritanien. La grâce est donc une opération de communication, pas une réparation de l’injustice, un pansement posé sur une blessure que le pouvoir refuse de soigner c’est-à-dire que la question haratine n’est pas un débat secondaire, c’est le cœur de la fracture mauritanienne. Punir des élues qui dénoncent le racisme, puis les gracier sans reconnaître l’injustice, c’est refuser d’affronter la vérité. La grâce présidentielle n’est pas un progrès, c’est une stratégie pour maintenir le statu quo.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 10 juillet 2026)

 

 

 

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