– Le président turc Recep Tayyip Erdogan a demandé lundi « l’intégration » de la Turquie aux structures de défense européennes et la levée des restrictions frappant son industrie, à l’approche d’un sommet de l’OTAN à Ankara les 7 et 8 juillet.
Le chef de l’Etat cible notamment le programme SAFE de l’Union européenne, dont la Turquie a été exclue et qui permet à la Commission européenne de lever et distribuer des fonds pour soutenir les capacités industrielles et technologiques de défense des Etats membres, s’attirant une réponse peu convaincue de Bruxelles. « Si nous voulons surmonter les défis auxquels nous sommes confrontés, nous devons répartir le fardeau de manière juste et équitable entre nos alliés tout en éliminant les obstacles au commerce de l’industrie de défense », a déclaré le président turc lors d’un discours à l’ouverture du sommet parlementaire de l’Otan à Istanbul.
Dans une remarque presque simultanée, le porte-parole de la commission Thomas Regnier lui a répondu en rappelant que, « le texte juridique est très clair. Tout état tiers a déjà la possibilité, dans le cadre de SAFE, de participer à tout projet de défense à hauteur de 35% ». « Toute négociation » en vue d’une association « au même degré que les États membres et que la Norvège, l’Islande et l’Ukraine, requiert un accord bilatéral comme nous l’avons fait avec le Canada pour une association pleine », a-t-il ajouté avant d’insister: « Ce n’est pas un accord que nous avons pour l’instant conclu avec la Turquie ».
M. Erdogan a également insisté sur la participation d’Ankara « aux initiatives de défense et de sécurité sur le continent », et sur « l’inclusion de la Turquie » dans ces initiatives. La Turquie est la deuxième armée de l’Otan en nombre d’hommes et ses industries de défense se situent au 11e rang mondial, avec une croissance de 29,5% de ses exportations sur les cinq premiers mois de l’année, atteignant près de 4 milliards de dollars contre 7 milliards en 2024. « Ce que nous faisions en un an, nous le faisons désormais en une semaine », s’est réjoui le chef de l’Etat la semaine dernière.
Le président turc fait aussi valoir la participation de son pays aux différentes missions passées de l’Otan, comme l’Afghanistan, et le « contexte » régional. « Si nous voulons surmonter les défis qui nous sont posés, nous devons lever les obstacles au commerce des industries de défense et nous assurer d’un juste partage des responsabilités entre alliés » a-t-il insisté.
Mais Ankara reste confronté à la méfiance de certains pays européens, dont la France et l’Allemagne en raison de ses positions sur Chypre. Située sur les rives sud de la Mer Noire, la Turquie a joué un rôle décisif aux premières heures de la guerre en Ukraine en fournissant à Kiev les drones de combat qui ont aidé à repousser l’avancée des chars russes. Outre les drones, la Turquie fabrique des chars, véhicules blindés, munitions et navires de guerre (corvettes, frégates, sous marins…) comme celui livré le 20 juin à la Roumanie – « un pays membre de l’OTAN et de l’Union européenne » a relevé le chef de l’Etat. Avec de longues frontières partagées avec l’Iran, l’Irak et la Syrie au sud, elle se veut aussi garante de stabilité aux portes du Moyen-Orient.
Source : L’Orient Le Jour (Liban)
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