Courrier international – Le 12 avril, l’Allemande de 34 ans a été nommée entraîneuse par intérim de l’équipe masculine de l’Union Berlin, un club allemand de première division. Pour le journal de gauche “Die Tageszeitung”, ce choix est “historique” : en Europe, aucune femme n’avait jusqu’ici dirigé une équipe d’une telle envergure.
“Tout peut aller si vite”, remarque Die Tageszeitung. En l’espace de seulement quelques heures, les moqueries liées à la récente défaite de l’Union Berlin contre le dernier du championnat allemand de première division, Heidenheim, ont cessé. Désormais, le monde du foot allemand ne parle plus que du “miracle du [quartier berlinois de] Köpenick” : Marie-Louise Eta, 34 ans, y a été nommée le 12 avril entraîneuse de l’équipe masculine, une “première historique” au sein de la Bundesliga. Cette ancienne joueuse du FFC Turbine Potsdam, devenue coach, remplacera jusqu’à la fin de la saison Steffen Baumgart, limogé pour résultats insuffisants.
Le journal berlinois de gauche n’hésite pas à célébrer la nouvelle, qu’il voit comme un pas en avant pour l’égalité femmes-hommes. “L’Union Berlin, première équipe [masculine d’envergure] entraînée par une femme”, se réjouit-il à la une de son édition du 13 avril. “On n’avait encore jamais vu ça en Bundesliga, explique-t-il dans un article d’analyse. Ni dans les grands championnats masculins d’Angleterre, de France ou encore d’Italie.”
Éviter la relégation
La tâche de l’ex-milieu de terrain – qui fut trois fois championne d’Allemagne et a remporté la Ligue des champions, avant de devenir entraîneuse adjointe de l’Union Berlin en 2023 – est loin d’être aisée. Elle a pour mission d’éviter la relégation de l’équipe berlinoise, actuellement en mauvaise posture. “Il reste cinq matchs à jouer. Cinq matchs qui montreront si le pays est prêt à accepter une femme en première ligne.”
Pour le titre berlinois, le choix de Marie-Louise Eta pourrait faire changer les mentalités, au sein d’un monde encore très empreint de misogynie. Après l’annonce de sa nomination, de nombreux commentaires haineux ont été postés sur la page de l’Union Berlin, avant d’être supprimés par les administrateurs. Les mécontents doivent pourtant accepter la réalité, souligne le journal :
“Jusqu’à la fin de la saison, le petit monde du ballon rond aura l’occasion de voir une femme mener un groupe d’hommes à la baguette.”
Marie-Louise Eta avait déjà eu l’occasion de le faire très brièvement en janvier 2024. Après le limogeage de l’entraîneur de l’époque, Nenad Bjelica, elle avait dirigé l’Union Berlin lors d’un match contre Darmstadt, que son équipe avait d’ailleurs remporté.
Source : Courrier international (France)
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