La détention arbitraire en février dernier de six militants de l’IRA pour avoir dénoncé une affaire d’esclavage à Nouakchott, est toujours d’actualité avec toile de fond la demande de leur libération.
Ces arrestations et emprisonnements de militants de l’IRA sont considérés par les observateurs comme une pression contre le mouvement abolitionniste pour transformer des cas individuels en crises nationales. L’État mauritanien utilise ainsi le droit pénal pour dépolitiser les revendications et présenter l’IRA comme un facteur de désordre. Cette stratégie permet de déplacer le débat : au lieu de discuter de l’esclavage, l’État discute de la « sécurité » et de « l’ordre public ». Ce discours ne peut être partagé par les organisations nationales des droits de l’homme comme l’observatoire pour la protection des défenseurs des droits humains qui interpelle le gouvernement. Les observateurs pointent une communication institutionnelle qui absorbe les discours des droits humains en particulier dans les forums internationaux. Cette politique permet de réduire la pression internationale tout en maintenant un contrôle strict sur l’IRA et les autres acteurs locaux. C’est ce que les observateurs appellent adaptation permanente de l’Etat entre répression et absorption. Ce qui permet de contenir l’IRA sans l’écraser.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 09 mars 2026)
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