
AFP – Les émissaires américains sont attendus samedi à Islamabad, où une délégation iranienne a entamé des entretiens avec le pouvoir pakistanais, sans garantie de discussions directes entre les deux belligérants pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Parallèlement, la trêve sur le front libanais apparaît toujours aussi précaire.
Déclenché par une attaque des Etats-Unis et d’Israël contre l’Iran le 28 février, le conflit régional a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban, et ébranlé l’économie mondiale.
Islamabad attend depuis des jours une reprise des pourparlers américano-iraniens, entamés il y a deux semaines et interrompus au bout d’une quinzaine d’heures, même si le cessez-le-feu a été unilatéralement prolongé sine die depuis par les Etats-Unis.
Arrivé vendredi soir à Islamabad pour des entretiens avec de hauts responsables pakistanais, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a rencontré le puissant chef de l’armée pakistanaise, Asim Munir, selon des images diffusées sur X par l’ambassade d’Iran dans la capitale pakistanaise.
Mais « aucune rencontre n’est prévue entre l’Iran et les Etats-Unis », a affirmé sur X le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, précisant que les positions de son pays seraient transmises à la partie américaine via les médiateurs pakistanais.
Les émissaires de Donald Trump, Steve Witkoff et Jared Kushner, se rendront samedi au Pakistan en vue de pourparlers « avec des représentants de la délégation iranienne », avait pourtant affirmé auparavant la Maison Blanche, assurant que cette rencontre était une demande de Téhéran.
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© AFP La une d’un quotidien pakistanais à Islamabad, où se profile une reprise des tractations irano-américains, le 25 avril 2026 |
Le vice-président JD Vance, qui conduisait la délégation américaine il y a deux semaines, pourrait les rejoindre ultérieurement en cas de progrès, a précisé la porte-parole de la Maison Blanche, Karoline Leavitt.
« L?ennemi cherche un moyen de sauver la face pour s?extraire du bourbier » de la guerre, a commenté samedi le porte-parole du ministère iranien de la Défense, cité par l’agence Isna.
Après le Pakistan, M. Araghchi doit poursuivre une tournée régionale qui le mènera à Oman et en Russie.
Entretemps, l’aéroport international de Téhéran a rouvert samedi, a annoncé la télévision iranienne d’Etat, avec de premiers départs « grâce aux efforts des compagnies aériennes nationales » vers des destinations telles que Médine, Mascate et Istanbul.
Et l’Iran a procédé samedi à une nouvelle exécution d’un homme condamné pour coopération avec Israël lors des grandes manifestations de janvier.
Six morts au Liban –
Le trafic maritime reste lui à l’arrêt dans le détroit d’Ormuz, par où transitait avant le conflit 20% du pétrole et du gaz naturel liquéfié (GNL) mondiaux, et qui est désormais soumis à un double blocus iranien et américain.
Les marchés mondiaux ont accueilli avec un enthousiasme très mesuré la perspective de nouvelles négociations entre Washington et Téhéran. Le baril de Brent, référence internationale, a modéré sa hausse, clôturant à 105,33 dollars (+0,25%) vendredi.
Sur le front libanais, le cessez-le-feu, dont une prolongation de trois semaines a été annoncée jeudi soir par le président américain après des discussions entre représentants israéliens et libanais à Washington, reste mis à rude épreuve.
Le ministère libanais de la Santé a fait état de six personnes tuées et deux blessées vendredi par des frappes israéliennes dans le sud du pays.
L’armée israélienne a affirmé avoir tué six membres du Hezbollah lors d’une escarmouche, après avoir déclaré que le mouvement pro-iranien avait abattu l’un de ses drones.
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a accusé le Hezbollah de tenter de « saboter » le « processus visant à parvenir à une paix historique entre Israël et le Liban ».
Le mouvement chiite, qui a entraîné le Liban dans la guerre en rouvrant les hostilités avec Israël le 2 mars, a pour sa part appelé l’Etat libanais à « se retirer des négociations directes avec Israël » et estimé que la prolongation de la trêve n’avait « pas de sens » au vu des « actes d’hostilité » persistants d’Israël.
Une négociation directe avec Israël « signifierait une reconnaissance de l’ennemi », affirme à l’AFP Ahmad Choumari, 74 ans, qui a décidé de quitter la ville de Saïda, où il s’était réfugié, pour regagner son village du sud à la faveur de la prolongation de la trêve.
Il espère toutefois « que le cessez-le-feu deviendra permanent ».
Mais l’armée israélienne a émis vendredi un nouvel appel à évacuer un village du sud du Liban, le premier de ce type depuis l’annonce de la prolongation du cessez-le-feu. L’agence de presse officielle libanaise ANI a ensuite fait état d’une frappe israélienne sur Deir Aames.
Islamabad (Pakistan) (AFP )
Source : Courrier international (France)
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