Liberté provisoire pour les responsables de la contestation en Guinée

La justice guinéenne a remis jeudi en liberté provisoire dix responsables et militants d’opposition à l’origine des manifestations contre un éventuel troisième mandat du président Alpha Condé.

 

L’annonce de leur remise en liberté jusqu’à leur procès en appel, le 5 décembre, a été saluée par les cris de « Liberté! Liberté! » scandés par des centaines de leurs partisans massés dans la salle d’audience et à l’extérieur du tribunal de Conakry, a constaté un correspondant de l’AFP.

Ces opposants affiliés au Front national pour la défense de la Constitution (FNDC), dont leur coordinateur national Abdourahamane Sanoh, ont été condamnés à de la prison ferme fin octobre en première instance.

Ils avaient été reconnus coupables d’avoir causé des troubles graves en appelant à manifester et à paralyser l’économie à partir du 14 octobre pour faire obstacle à un éventuel troisième mandat du président Condé en 2020.

Malgré ces condamnations à des peines allant de 6 mois à deux ans ferme, le FNDC est parvenu à mobiliser à plusieurs reprises depuis un mois et demi des foules de manifestants qui ont envahi les rues des quartiers périphériques de Conakry, fiefs de l’opposition.

La Guinée est en proie à des manifestations de rue depuis des mois. La Guinée est en proie à des manifestations de rue depuis des mois.

 

« Nous allons nous battre… »

Jeudi, les avocats des dix opposants condamnés en première instance ont obtenu devant la Cour d’appel le report d’une semaine de l’audience sur le fond pour préparer leur défense, ainsi que leur remise en liberté d’ici là. « Nous avons toujours dit que ce procès n’avait pas de raison d’être, mais puisque la justice guinéenne est ce qu’elle est, nous allons encore nous battre pour que le juge en appel sache qu’on a condamné des innocents en première instance« , a réagi auprès de l’AFP l’un des avocats, Mohamed Traoré. « Nous avons gagné une bataille mais le 5 décembre, nous allons gagner la guerre », a abondé pour sa part, un militant du FNDC, Saloum Assia Cissé.

Les protestations ont à différentes reprises été brutalement réprimées. Au moins 20 civils ont été tués depuis le 14 octobre, ainsi qu’un gendarme.

La Guinée, coutumière des protestations et des répressions brutales, est en proie à l’agitation depuis que le FNDC a appelé à faire barrage au projet prêté à M. Condé, élu en 2010 et réélu en 2015, de briguer sa propre succession en 2020 et de réviser dans ce but la Constitution, qui limite à deux le nombre de mandats présidentiels.

A 81 ans, M. Condé, ancien opposant historique qui fut le premier président démocratiquement élu après des décennies de régimes autoritaires et militaires, entretient le flou sur ses intentions, mais a lancé en septembre des consultations sur la Constitution.

(Avec AFP)

Source : Deutsch welle

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