Festival de Cannes : “Parasite”, une Palme d’or méritée

Pour la deuxième année consécutive, un cinéaste asiatique repart avec la Palme d’or. Le Sud-Coréen Bong Joon-ho succède au Japonais Hirokazu Kore-eda et remporte avec Parasite la récompense suprême de cette édition du Festival de Cannes.

 

Avec de nombreux habitués (Quentin Tarantino, Pedro Almodóvar, Ken Loach, les frères Dardenne…) et quelques nouveaux venus (notamment les Français Ladj Ly et Céline Sciamma), la sélection officielle du Festival de Cannes affichait cette année un profil “très respectable”, “bien dans la tradition du festival”, commente The Hollywood Reporter. Le jury présidé par Alejandro Gonzalez Iñarritu n’avait donc, sur le papier, que l’embarras du choix.

Si la presse anglo-saxonne avait souvent parié sur Portrait de la jeune fille en feu pour la Palme d’or, celle-ci a échappé à Céline Sciamma, repartie avec le prix du scénario. La récompense suprême est finalement allée au Sud-coréen Bong Joon-ho, le réalisateur de Parasite, un long-métrage que nous vous avions présenté ici.

Thriller et critique sociale à la fois

 

Parasite avait été “l’un des films les plus applaudis par la critique lors de ce festival”, rappelle le site spécialisé The Wrap. Le journaliste Gwilym Mumford, qui suivait la cérémonie en direct pour le quotidien The Guardian, a applaudi le choix du jury :

Quelle belle victoire pour Bong, actuellement l’un des cinéastes les plus passionnants au monde. ‘Parasite’ méritait sans conteste un tel honneur, son film réussit la prouesse d’être à la fois un thriller au cordeau et une fine critique de la lutte des classes.”

Bong Joon-ho succède au palmarès à Hirokazu Kore-eda, récompensé en 2018 pour Une affaire de famille, un vibrant drame humaniste. Les critiques ont parfois comparé son film à celui du Japonais, les deux longs-métrages mettant en scène des familles démunies, vivant d’expédients en marge de la société. Pour Variety, Parasite est cependant à Une affaire de famille “ce que le yin est au yang”. Le long-métrage du Sud-Coréen raconte en effet, non le parcours de marginaux qui unissent leurs forces et se créent une famille de substitution pour se rendre le quotidien supportable, mais “l’histoire d’une famille de la classe inférieure qui tente de grimper dans l’échelle sociale en s’incrustant dans un foyer aisé”, écrit le magazine américain.

 

Voici le palmarès de ce 72e Festival de Cannes :

 

Palme d’or – Parasite de Bong Joon-Ho

Grand prix – Atlantique de Mati Diop

Prix d’interprétation masculine – Antonio Banderas pour son rôle dans Douleur et gloire de Pedro Almodóvar

Prix du jury – Ex aequo, Les Misérables de Ladj Ly et Bacurau de Kleber Mendonça

Prix de la mise en scène Luc et Jean-Pierre Dardenne pour Le Jeune Ahmed

Prix d’interprétation féminine Emily Beecham pour son rôle dans Little Joe de Jessica Hausner

Prix du scénario – Céline Sciamma pour Portrait de la jeune fille en feu, dont elle est également réalisatrice

Mention spéciale du jury – Ça doit être le paradis d’Elia Suleiman

Caméra d’or – Nuestras Madres de César Díaz (présenté à la Semaine de la critique)

 

Plus tôt dans la journée, l’Œil d’or du meilleur documentaire avait été décerné ex aequo à deux films de la sélection officielle, tous deux projetés en séance spéciale : Pour Sama de Waad Al-Khateab et Edward Watts, et La Cordillère des songes de Patricio Guzmán. Le premier est une chronique de l’écrasement de la révolution syrienne à Alep de 2012 à 2016, réalisée par la journaliste syrienne Waad Al-Khateab (avec l’aide de l’Anglais Edward Watts) à l’attention de sa fille aînée Sama. Le second, que nous avions présenté ici, clôt la trilogie que le réalisateur chilien Patricio Guzmán a consacrée à l’histoire et à la géographie de son pays natal, quitté en 1973 après le coup d’État d’Augusto Pinochet.

Marie Beloeil

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