L’Érythrée et l’Éthiopie rouvrent deux postes-frontières fermés depuis 20 ans

Vingt ans après le début de la guerre froide entre l’Éthiopie et l’Érythrée, les deux anciens frères ennemis ont rouvert mardi deux postes-frontières, rendant de nouveau « opérationnelles » les routes qui étaient jusqu’alors bloquées.

 

 

C’est une nouvelle étape symbolique de la spectaculaire réconciliation de ces voisins de la Corne de l’Afrique. L’Éthiopie et l’Érythrée ont rouvert, mardi 11 septembre, deux postes-frontières fermés depuis 20 ans.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président érythréen Issaias Afeworki ont participé à deux cérémonies officielles, d’abord à l’extrême sud-est de leur frontière commune, ensuite au nord-ouest, a indiqué sur Twitter le ministre érythréen de l’Information, Yemane Gebre Meskel.

Les postes-frontières situés d’une part au sud-est entre les villes de Bure, en Éthiopie, et Debay Sima, en Érythrée, et d’autre part au nord-ouest entre Zalambessa (Éthiopie) et Serha (Érythrée), font partie des points de passage fermés en 1998 à l’aube de la guerre de deux ans qui a opposé les deux pays, faisant 80 000 morts, notamment en raison d’un différend territorial.

Le chef de cabinet du Premier ministre éthiopien, Fitsum Arega, a indiqué sur Twitter que leurs réouvertures signifient que « les connexions routières entre l’Éthiopie et l’Érythrée seront opérationnelles, ouvrant la voie au mouvement des biens et des personnes de part et d’autre de la frontière ».

Célébration apaisée du Nouvel An éthiopien

Une guerre froide de 20 ans entre l’Éhiopie et son ancienne province avait suivi le conflit de 1998-2000, paralysant le développement et les échanges bilatéraux, et minant la sécurité régionale. Mais, contre toute attente, une volonté d’ouverture de la part d’Abiy Ahmed en juin dernier a été accueillie favorablement par Issaias Afeworki, amorçant un improbable rapprochement entre frères ennemis.

Au coeur de ce dernier, la promesse du Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed de respecter le jugement en 2002 d’une commission internationale soutenue par l’ONU, accordant à l’Érythrée un territoire disputé.

>> À lire : Réconciliation entre l’Érythrée et l’Éthiopie, à qui profite la paix ?

Mardi 11 septembre, jour célébrant le Nouvel An éthiopien, Abiy Ahmed et le président érythréen Issaias Afeworki ont visité ensemble la zone que les deux pays se disputaient pour y marquer la réouverture d’une route reliant les deux pays. Fitsum Arega a expliqué que cette visite était destinée à « célébrer le Nouvel An avec des membres des forces de défense éthiopiennes et érythréennes à la suite de la normalisation complète des relations entre les deux pays ».

Bientôt un nouvel accès à la mer Rouge pour l’Éthiopie

L’Éthiopie est le deuxième pays le plus peuplé d’Afrique et affiche une des croissances économiques les plus rapides du continent. Mais elle est notamment freinée par son enclavement, après avoir perdu son accès à la mer Rouge lorsque son ancienne province a déclaré son indépendance en 1993 après trois décennies de guerre.

À cet égard, la réouverture des deux postes frontières est plus qu’un symbole : un accès à la mer Rouge via les ports érythréens d’Assab et de Massawa faciliterait grandement les importations et exportations éthiopiennes qui passent essentiellement par Djibouti.

Les cérémonies de mardi sont les derniers épisodes en date d’un spectaculaire rapprochement entre les deux pays, amorcé par le Premier ministre réformateur Abiy Ahmed, entré en fonction en avril.

Source : France 24

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