Le calvaire des gens de Nouadhibou

Crédit photo : MFOLes habitants de Nouadhibou souffrent trois odeurs dont «chacune fait oublier l’autre» par son aigreur, sa répugnance, sa fétidité…

Elles alternent selon les moments de la journée et peuvent submerger la ville en même temps. Elles sont plus fortes selon les saisons et touchent tous les quartiers. Ce qui fait que nulle part à Nouadhibou, l’on peut respirer l’air marin sain.

La première odeur est celle produite par le traitement des déchets ménagers. La mairie, toujours incapable de trouver la solution la bonne, déverse les déchets aux abords de la ville et ordonne de les incinérer. Fatalement, les fumées dégagées se rabattent sur la ville pour en assombrir le ciel et en empester l’air.
La deuxième odeur est celle produite par les récupérateurs de fils de fer (et cuivre) et qui, à cet effet, brûlent les pneus en grande quantité dans les environs. Les fumées se rabattent encore sur la ville pour en empoisonner l’air.
La troisième odeur, sans doute la plus insupportable pour sa pestilence, est celle des usines de farine de poisson ou «moka»,comme on l’appelle localement. Depuis trois ans plusieurs minoteries ont été installées dans la presqu’île. Sans tenir compte des effets sur l’environnement. On compte aujourd’hui une bonne quarantaine d’agréments dont une dizaine est fonctionnelle. Ces minoteries posent le problème de la transformation d’un poisson dont la valeur nutritive est sans équivoque en une farine non utilisée par les populations locales. Ce qui participe aussi à la diminution de la valeur marchande du produit. L’odeur que dégagent ces usines et qui empoisonne la vie et la vue des habitants n’est qu’un aspect négatif et destructeur de leur existence. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer l’installation de ces usines qui sont pour la plupart «renvoyées»du Maroc où la législation leur impose des conditions draconiennes pour éviter justement leurs effets pervers sur l’économie et sur la population. Chez nous, le phénomène a pris de l’ampleur dans l’indifférence générale…

Cela s’est traduit par la recrudescence des maladies pulmonaires. Toute la journée, vous respirez un air malsain. Le symptôme est que les gens de Nouadhibou suffoquent facilement… et continuellement. On respire difficilement ici… de plus en plus très difficilement…

Mohamed Fall ould Oumeir

Source  :  Vu de Mauritanie le 06/06/2013{jcomments on}

 

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