Courrier international – La fièvre sociale qui secoue la France depuis plusieurs semaines est largement relayée en Iran, les images des manifestations et de la répression policière faisant régulièrement la une des journaux locaux. Et, ce week-end, les scènes d’incendies et de pillages n’ont pas fait exception.
“La France brûle”, a ainsi titré le quotidien Sazandegi dans son édition du 19 octobre. “Les rues de France sont le théâtre d’un conflit entre deux réalités : les revendications sociales provenant des salles de classe et celles contre la vie chère, ainsi que la violence qui augmente le coût des protestations pour la société en détruisant les biens publics et privés”, explique le journal.
“Le gouvernement a promis du changement, l’opposition cherche la récupération politique et les manifestants ne voient toujours rien de concret”, écrit Sazandegi.
“Écoutez l’avenir de la France”
“Ordre de répression”, titre de son côté, le quotidien Jam-é-Jam, affilié à la télévision d’État, avec en première page une photo montrant des policiers français interpellant un individu à terre.
“La France prise dans un écheveau de problèmes en partie alimentés par la guerre contre l’Iran”, titre pour sa part le quotidien anglophone Tehran Times, en référence à la hausse des prix du carburant, dans le sillage du blocus du détroit d’Ormuz.
Depuis le début du mouvement social, les autorités iraniennes dénoncent la répression de la police française. Un pied de nez aux autorités françaises qui avaient, en janvier dernier, dénoncé la répression sanglante d’une contestation qui avait fait des milliers de morts.
Ce lundi, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a remis une pièce dans la machine, appelant Emmanuel Macron à écouter la jeunesse : “Le peuple français exige un changement total, y compris de la liberté de manifester. Écoutez l’avenir de la France, monsieur le président”, a-t-il lancé.





