Voyez Monsieur Macron : le football est bel et bien politique

So FootSelon des révélations du quotidien L’Équipe, le président de la République française Emmanuel Macron se serait personnellement impliqué dans la campagne visant à faire annuler le projet de création d’une société commerciale par la FIFA. Lui qui prétendait que le football n’est pas politique vient (une nouvelle fois) de prouver le contraire.

 

On savait que l’UEFA avait mené la fronde contre le projet de la FIFA de créer une société commerciale, dont la gestion aurait été en partie confiée à des investisseurs privés. Après avoir finalement rétropédalé sans attendre la fin du délai de consultation qu’il avait lui-même proposé, Gianni Infantino aurait-il subi un coup de pression de la part d’Emmanuel Macron ? C’est en tout cas ce qu’avançait le quotidien L’Équipe ce dimanche soir.

En plus d’avoir soutenu personnellement le président de l’UEFA Aleksander Čeferin et celui de la FFF Philippe Diallo, le président de la République française se serait « également entretenu au téléphone, jeudi dernier, avant cette réunion de l’instance continentale, avec le patron fragilisé de la FIFA. Pour lui faire passer le même message de « nécessité d’unité du football mondial, en évitant les fractures » et de « renforcement de la solidarité internationale » ». Message reçu cinq sur cinq même si, du côté de l’Élysée, on prévient que Macron continuera à « garder les yeux ouverts », considérant qu’ « il n’a pas vocation à arrêter son engagement » et « continuera de suivre ce sujet avec la plus grande attention ».

Loin d’être un précédent

Ces révélations viennent confirmer une chose : la théorie du chef de l’État, selon laquelle « il ne faut pas politiser le sport » est on ne peut plus biaisée, pour ne pas dire caduque. Depuis son premier mandat en 2017, le locataire de l’Élysée l’a prouvé à maintes reprises, que ce soit en s’affichant comme un supporter dans les tribunes du Mondial 2018, puis comme un père réconfortant ses fils au Qatar quatre ans plus tard, mais aussi en jouant à Fabrizio Romano avec les Youtubeurs McFly et Carlito, avec Kylian Mbappé dans le rôle de la victime involontaire, ou encore en publiant un communiqué larmoyant au soir de la mort de Diego Maradona.

Tout ça n’est pas pour déplaire à Gianni Infantino qui, de son côté, ne cache pas sa volonté d’entretenir une relation proche avec les grands de ce monde. Emmanuel Macron l’a d’ailleurs introduit au Forum économique de Davos en 2018 et, depuis, l’homme d’affaires helvético-italo-libanais ne cesse de graviter autour de figures politiques majeures, allant de Vladimir Poutine à Mohammed Ben Salmane, sans oublier Donald Trump, pour lequel il a créé un ersatz de Prix Nobel de la Paix et au frère du gendre duquel il était prêt à confier ladite société commerciale qui l’a conduit à se retrouver sous le feu des critiques.

L’heure de regarder plus loin

En attendant de savoir s’il sera réélu pour un troisième mandat complet en 2027 ou, si d’ici-là, un candidat venait à sortir du bois, on pourrait aussi se demander si Emmanuel Macron n’aurait pas un avenir au sein de la faîtière du football mondial. Celui qui a toujours manié la carte du supporter de l’Olympique de Marseille pour mener son opération-séduction aurait, selon une enquête du quotidien Le Monde, des visées sur « une présidence » au terme de son second mandat… au printemps 2027.

Pas sûr que le timing soit suffisant pour s’installer directement à Zurich dans la foulée, mais pour un homme passionné de ballon et possédant une expérience à la fois financière, politique et diplomatique, l’idée de le voir un jour diriger la FIFA plutôt que le FMI ou un groupe comme LVMH n’est pas complètement à exclure. Reste à savoir qu’elle serait sa première mesure grandiloquente pour réformer le football mondial en profondeur.

 

Julien Duez

 

 

 

Source : So Foot (France)

 

 

 

Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page