
So Foot – Dès la première journée de championnat et le nul ramené de Rennes, Luis Enrique a fait passer des messages en sortant Ousmane Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia à la pause, puis en rappelant que les statuts ne comptaient pas dans sa manière de gérer son équipe. Le patron du PSG, c’est toujours l’entraîneur espagnol.
Les déplacements à Rennes auront eu une drôle de saveur pour le PSG en 2026. Déjà parce qu’en deux matchs, le champion de France n’a pas réussi à gagner, puisqu’il avait été battu en février par l’équipe de l’intérimaire Sébastien Tambouret (3-1) et qu’il a arraché le nul ce dimanche soir contre celle de Franck Haise (2-2). Ensuite parce que celui-ci n’était pas prévu avant l’inversion de la rencontre en raison de la pelouse calamiteuse du Parc des Princes. Enfin et surtout parce qu’il s’est dit à chaque fois des mots dans des messages qu’il fallait faire passer pour avancer. Avec à chaque fois Ousmane Dembélé au cœur du réacteur.
Si tu penses que tu as gagné, tu ne vas rien gagner. Il n’y a pas de crédit.
L’attaquant avait plutôt été l’acteur la saison dernière quand il avait sorti le costume de leader en zone mixte, où il avait dit qu’il fallait « mettre plus d’envie. On doit jouer pour le Paris Saint-Germain pour gagner des matchs, parce que si l’on joue tout seul sur le terrain, ça ne va pas aller. On ne va pas gagner les titres que l’on veut. » Désiré Doué avait pu se sentir visé, sans rancune, et le PSG avait fini par obtenir ce qu’il voulait, la deuxième Ligue des champions, en mai. Six mois, un été et une intersaison ont passé, et voilà Dembélé de l’autre côté de la barrière, après avoir été sorti puis piqué par Luis Enrique. Nous sommes le 24 août, et Paris n’est pas du tout en crise, loin de là, mais l’entraîneur espagnol a rappelé quelle était sa méthode et comment il avait réussi à transformer un club où les statuts n’existent pas.
Luis Enrique, une bonne piquouze à Dembouz (et aux autres)
Il y a les choix forts, ceux de sortir Dembélé et Khvicha Kvaratskhelia, tous les deux sans éclat, dès la pause quand Rennes menait de deux buts pour lancer les recrues Ferran Torres, double buteur, et Mika Godts. Et il y a donc les mots. Luis Enrique aurait pu se contenter de rester évasif quand Guillaume Hoarau lui a demandé sur le plateau de Ligue 1+ comment parler à un Ballon d’or quand on prenait la décision de le laisser au vestiaire aux citrons, mais il tenait sans doute à rappeler que rien n’avait changé dans sa manière de bâtir une équipe destinée à tout rafler. « C’est le foot, c’est comme ça, a-t-il posé dans un français qu’il commence à maîtriser. Le PSG n’a rien gagné, rien. Si tu penses que tu as gagné, tu ne vas rien gagner. Il n’y a pas de crédit. Tu dois montrer à chaque match que tu es prêt, sinon c’est facile de se reposer et faire glisser. Je suis né de cette manière, on cherche à gagner tout le temps, et pour ça, tu dois sortir de ta zone de confort, c’est clair ? » Très clair.

C’est autant une piquouze à Dembouz, sur lequel portait la question de l’ancien buteur parisien, qu’une ინიექცია (ça se prononce iniektsia selon les internets) à Kvaratskhelia. L’un est Ballon d’or en titre, les deux sont des prétendants à celui d’octobre et Luis Enrique n’a que faire d’une récompense individuelle et de ce que ses joueurs ont fait dans les précédents succès éclatants de son équipe. Les deux compères n’avaient pas réussi à faire la différence sur la pelouse, que ce soit par le dribble (0 passé sur 4 tentés à eux deux) ou leurs tirs (0 cadré sur 4 tentés à eux deux, dont une frappe foirée de Dembélé sur une occasion en or avant le 2-0). Le Géorgien, qui avait disputé 88 minutes contre Aston Villa et 70 minutes face à Lens, n’était pas programmé pour sortir si tôt. Tout comme Dembélé, avec un peu moins d’entraînements et de temps de jeu dans les pattes (45 minutes contre Aston Villa, une trentaine face à Lens). « Je n’avais pas anticipé le résultat à la mi-temps, on a eu des problèmes », confirmait Luis Enrique.
Ces choix et ces mots de l’Espagnol sont une façon autoritaire de glisser une nouvelle fois qu’il est le boss de cette équipe et qu’il n’a pas l’intention de relâcher la pression, même après un back-to-back européen. C’est une quatrième saison qui débute pour Luis Enrique à Paris, où les triomphes ont été dessinés par l’exigence et l’indépendance d’un entraîneur enfin considéré comme le décideur dans ce club qui aura mis du temps à le comprendre. Il y a deux ans, l’ancien coach du Barça avait laissé le même Dembélé (qui n’était pas vraiment le même) à la maison pour un match de Ligue des champions contre Arsenal au début de l’automne et le récit raconté par les uns et les autres disait que cette punition avait été un tournant. Il est trop tôt pour tirer des plans sur la comète mais, ce lundi, Luis Enrique a au moins rappelé à tout son groupe qui était le patron.
Clément Gavard, au Roazhon Park
Source : So Foot (France)
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