– « On va les attaquer, les attaquer très durement », a déclaré le président américain à la presse dans le Bureau ovale, ajoutant que ce serait dès « aujourd’hui » (mercredi). « On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se moquent de nous », s’est-il plaint.
A la veille du coup d’envoi d’une Coupe du monde de football où la sélection iranienne jouera sur le sol américain, il avait plus tôt dans la journée accusé l’Iran d’avoir « mis trop de temps » à négocier un accord, ce dont il devra « payer le prix ».
Mardi, il avait pourtant annoncé un « très très bon accord » à venir sous « deux à trois jours », mais entretemps de nouveaux échanges de tirs ont eu lieu, tôt mercredi.
M. Trump a aussi affirmé à Fox News qu’il envisageait de plus en plus de mener des frappes contre des centrales électriques et des ponts iraniens.
« Les infrastructures critiques sont vitales », a répondu sur X le président iranien Massoud Pezeshkian, affirmant que les menacer « n’est pas un signe de force, mais de désespoir face à la volonté d’un pays ».
L’Iran avait auparavant revendiqué des attaques contre des bases américaines à Bahreïn et en Jordanie en réponse à des frappes américaines sur son sol, elles-mêmes déclenchées par la destruction lundi d’un hélicoptère américain attribuée à Téhéran.
Au Koweït, l’armée a affirmé faire face à « des cibles aériennes hostiles » sans préciser leur provenance. Les autorités à Bahreïn ont dit avoir intercepté plusieurs attaques, tandis que l’armée jordanienne a assuré avoir détruit cinq missiles qui ciblaient la localité d’Azraq, où se situe une base américaine.
Les États-Unis ont aussi annoncé avoir mis hors service un pétrolier qui tentait de violer leur blocus des ports iraniens, au moyen d’un avion de combat. L’attaque a fait trois disparus parmi l’équipage indien du bâtiment selon New Delhi, qui a convoqué le chargé d’affaires américain pour protester. Vingt-et-un autres marins ont été secourus.
Négociateurs qataris à Téhéran
Le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres a déploré « l’escalade des attaques et de la rhétorique ces dernières 48 heures » et mis en garde contre un glissement vers une « guerre totale » dans le Golfe.
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© AFP Le président américain Donald Trump dans le Bureau ovale de la Maison Blanche, le 10 juin 2026 à Washington |
Des négociateurs du Qatar, pays figurant parmi les médiateurs entre Washington et Téhéran, se sont toutefois rendus mercredi dans la capitale iranienne, a indiqué à l’AFP un diplomate au fait des discussions.
Les frappes américaines en représailles à l’attaque de l’hélicoptère – qui survolait le détroit d’Ormuz toujours verrouillé par l’Iran – ont notamment ciblé dans la nuit de mardi à mercredi les villes de Jask et Sirik et l’île de Qeshm, sur la côte sud de l’Iran.
Sur le dossier nucléaire, un des principaux points de discorde entre Téhéran et Washington, le Conseil des gouverneurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a approuvé à Vienne une résolution sommant l’Iran de fournir « la totalité de ses informations » sur « l’inventaire de ses matières nucléaires ».
L’adoption du texte est « contre?productive dans le contexte actuel », a réagi auprès de l’AFP le représentant permanent de l’Iran auprès des Nations-Unies à Vienne.
Appel de Netanyahu aux Libanais
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a de son côté appelé mercredi les Libanais à se joindre à la lutte d’Israël contre le Hezbollah, affirmant que leur pays avait été « pris en otage » par le groupe pro-iranien.
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© AFP Des habitants fuient la ville de Tyr, dans le sud du Liban, après un appel israélien à évacuer, le 9 juin 2026 |
Après des frappes israéliennes sur Beyrouth, l’Iran d’abord, puis Israël, avaient mené des attaques réciproques dimanche et lundi, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington le 8 avril.
Téhéran exige que le Liban, où s’affrontent depuis le 2 mars son allié du Hezbollah et Israël, soit inclus dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée fin février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran.
Plus de 3.600 personnes ont été tuées au Liban dans les frappes israéliennes depuis le début de la guerre.
Alors qu’au moins 12 personnes ont été tuées mercredi dans des frappes israéliennes sur deux localités de la région de Tyr, selon une source médicale, l’ONU a annoncé l’envoi d’une mission dans le pays pour enquêter sur les violations des droits humains.
Washington (États-Unis) ()
Source : Courrier international (France)
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