
Saharamedias – On a annoncé aujourd’hui le décès de Khatri Ould Jidou, l’une des figures les plus marquantes des débuts de la presse mauritanienne, après une carrière s’étendant sur plus de six décennies, au cours desquelles il a alterné entre la presse, l’administration, la culture et la fonction publique, et a été présent lors d’étapes décisives de l’histoire du pays.
Ould Jidou s’est éteint à l’âge de 82 ans, après une carrière professionnelle qui avait débuté à la radio au début des années 1960, alors que la Mauritanie en était encore à ses premières années d’indépendance et que ses institutions médiatiques n’avaient pas encore trouvé leur forme définitive.
Né en 1944 à Tamchekett, il y a suivi sa scolarité primaire avant de s’installer à Rosso, où il a obtenu son diplôme de fin de collège en 1962, tout en recevant parallèlement une éducation traditionnelle en langue arabe.
Un an plus tard, il a intégré la Radio mauritanienne, où il a exercé des fonctions de traduction, de rédaction, de reportage et de présentation en arabe et en français.
En moins d’une décennie, il est devenu l’une des figures de proue de la salle de rédaction, avant d’assumer la direction de la rédaction et du service de l’information entre 1971 et 1973.
Sa carrière s’est développée à une époque où le paysage médiatique mauritanien se construisait progressivement.
Il a suivi une formation à la Radio-Télévision française en 1965, puis a participé à une formation organisée par la Radio des Nations Unies en 1973, tandis que ses missions journalistiques l’ont amené à accompagner le chef de l’État lors de plusieurs voyages à l’étranger.
Mais le nom de Ould Jidou a ensuite été associé à un événement qui dépasse le cadre même de sa carrière de journaliste.
En juillet 1978, c’était lui, par sa voix, qui avait lu le communiqué n° 1 du Comité militaire de salut national, à la suite du renversement du président Mokhtar Ould Daddah, et sa voix est ainsi entrée dans la mémoire sonore de l’un des bouleversements politiques les plus marquants de l’histoire de la Mauritanie.
Après plusieurs années passées dans le monde des médias, Ould Jidou a accédé à des postes à responsabilité au sein de l’État.
Il a dirigé des institutions médiatiques, occupé le poste de secrétaire général au ministère des Affaires étrangères et été ministre de la Culture et de l’Orientation islamique sous la présidence de Maaouiya Ould Sidi Ahmed Taya.
La culture était déjà présente dans son parcours avant son arrivée au ministère. Il a en effet occupé le poste de conseiller aux affaires culturelles au sein du Secrétariat général de la présidence du gouvernement et a présidé le conseil d’administration de l’Institut mauritanien de recherche scientifique, dans un parcours alliant médias, intérêt pour les questions culturelles et travail administratif.
Cependant, l’image que ses contemporains avaient de lui ne se limitait pas à ses fonctions. Il était connu pour l’étendue de son réseau de relations et de ses liens avec les milieux des médias, de la culture, de la politique et de l’administration, des relations qui se sont étendues sur plusieurs générations et qui ont consolidé sa présence en tant que personnalité sociale, parallèlement à son parcours professionnel.
Au cours de ses dernières années, Ould Jidou s’est éloigné de la vie publique et a choisi de retourner dans sa ville natale, où il a passé sa retraite loin de l’agitation de la capitale et des institutions de l’État au sein desquelles il avait passé une grande partie de sa vie.
Source : Saharamedias (Mauritanie)
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