Agence de Presse Africaine – Madrid enclenche un processus de régularisation visant près d’un demi-million de migrants sans statut légal, présenté par l’exécutif comme une réponse à la fois sociale, historique et économique face aux défis démographiques et du marché du travail.
Le gouvernement espagnol a annoncé, mardi, l’approbation en Conseil des ministres d’un décret royal initiant un processus de régularisation extraordinaire visant des centaines de milliers de personnes en situation irrégulière, une mesure présentée comme à la fois un acte de justice sociale et une nécessité économique.
Dans une déclaration datée du 14 avril, le chef du gouvernement, Pedro Sánchez, a salué une décision rendue possible grâce à une mobilisation citoyenne de grande ampleur. Selon lui, plus de 600 000 personnes et des centaines d’organisations ont contribué à porter cette initiative au Parlement via une initiative législative populaire, réunissant des soutiens issus de l’Église, des syndicats, du patronat et de la société civile.
Le dirigeant espagnol a souligné que cette régularisation vise à reconnaître la réalité de près d’un demi-million de personnes déjà intégrées dans la vie quotidienne du pays. Il a mis en avant leur rôle dans des secteurs essentiels, allant de l’aide aux personnes âgées à l’approvisionnement alimentaire, en passant par l’entrepreneuriat et l’éducation.
Au-delà de l’aspect social, le gouvernement insiste sur la dimension économique de la mesure. L’exécutif espagnol considère que le vieillissement démographique constitue un défi majeur pour la croissance et la viabilité des services publics. Dans ce contexte, l’intégration des travailleurs migrants est présentée comme un levier pour soutenir l’économie, renforcer l’innovation et maintenir les systèmes de santé, de retraite et d’éducation.
Le chef du gouvernement a également évoqué un « acte de justice » en référence à l’histoire migratoire de l’Espagne, rappelant que de nombreux Espagnols ont eux-mêmes émigré vers l’Europe et l’Amérique, notamment après la crise économique de 2008.
Reconnaissant que les migrations posent des défis, les autorités espagnoles estiment toutefois que la régularisation constitue une réponse structurante, permettant une meilleure intégration à travers l’accès à l’emploi formel et à la participation pleine à la société.
Enfin, Pedro Sánchez a opposé deux visions de la gestion migratoire : l’une fondée sur la peur et l’exclusion, l’autre sur la responsabilité, la justice et la prospérité partagée, affirmant que l’Espagne a historiquement opté pour cette seconde approche.
Source : Agence de Presse Africaine (APA)
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