L’adoption du dernier conseil des ministres d’un texte pour la protection du littoral ne suffit pas pour les observateurs pour mettre en place une économie bleue durable face à une logique extractive qui perdure.
Incontestablement, le littoral mauritanien, plus de 720 km de côtes, est aujourd’hui grignoté par l’érosion. Nouakchott risque d’être engloutie d’ici quelques années si rien n’est fait pour arrêter l’avancement chaque année du niveau de la mer. Le littoral est également saturé de déchets, menacé par les hydrocarbures offshore, exploité par des flottes industrielles qui laissent peu aux communautés locales qui n’ont pas voix au chapitre.
Les pêcheurs artisanaux sont marginalisés. Les femmes transformatrices sont invisibilisées. Les jeunes sont relégués à la précarité. Et pendant ce temps, les acteurs industriels — pêche, hydrocarbures, logistique — avancent sans contre‑pouvoir réel. L’adoption d’un texte cette semaine ne suffit pas pour la protection du littoral. Le gouvernement est toujours rivé à chercher des financements sans vision d’une économie bleue durable. Les textes existent mais les actions ne suivent pas depuis 2019. Les communautés côtières sont les plus exposées aux risques mais elles ne sont pas écoutées étant moins représentées dans les décisions. Les observateurs pointent surtout la dépendance du gouvernement aux financements de l’extérieur qui limitent la continuité de la protection du littoral.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 30 avril 2026)
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

