La révélation cette semaine de l’Agence nationale des statistiques et de l’analyse démographique et économique sur la hausse des prix du poisson et de la viande, est un message envoyé au gouvernement de Ould Diay pour revoir sa copie sur les prix des denrées alimentaires.
Depuis un mois, les consommateurs de la capitale vivent une augmentation du prix du poisson et de la viande. Des produits devenus un luxe dans un pays pastoral et maritime où les ressources animales devraient être accessibles à tous. Le kilo de viande dépasse les revenus quotidiens. Le poisson, pourtant pêché à quelques kilomètres, devient inaccessible dans les quartiers populaires : Sebkha, El Mina, Dar Naïm ou Riyad. Et par ricochet, l’augmentation des prix des denrées alimentaires impacte les ménages modestes. Ce paradoxe est le résultat d’un choix politique. La filière viande est capturée par des commerçants puissants, liés à des réseaux politiques qui imposent leurs prix. La filière poisson est orientée vers l’exportation, les armateurs étrangers, les entreprises connectées au pouvoir. Dans un pays riche en ressources, c’est un scandale politique. La révélation de l’Agence nationale des statistiques est un cri d’alarme pour une souveraineté alimentaire réelle. La Mauritanie est ainsi un pays riche où le peuple mange pauvre.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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