Au lendemain de la signature des forces nationales du document de référence du dialogue politique, les observateurs s’interrogent sur les chances de réussite de ces assises nationales.
Malgré un consensus qui aura duré plus d’une année, cette signature des forces nationales apparaît comme un outil de gestion du temps politique, plus que comme un tournant institutionnel. Les observateurs soulignent une contradiction majeure entre le pouvoir et certains représentants de l’opposition qui affirment vouloir un dialogue « sans tabou », mais refusent d’aborder certaines questions essentielles, notamment la limitation stricte des mandats présidentiels, la réforme constitutionnelle, la refonte des équilibres institutionnels,et enfin la question du passif humanitaire qui ne fait pas l’unanimité. Cette signature ne corrige pas le fossé entre la majorité qui veut gagner du temps et obnubilé par la question des mandats et l’opposition qui entend tirer les leçons des dialogues précédents et sans oublier un exécutif qui se pose en arbitre, mais qui reste juge et partie. La signature apparaît ainsi comme un geste de gouvernance plus qu’un engagement de réforme, un moyen de maintenir la stabilité sans toucher aux fondements du système. Le message est clair. Ce dialogue n’est pas un pas vers la démocratie, mais un pas de plus dans la stratégie de contournement du débat national.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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