
La visite du ministre mauritanien de la santé au centre hospitalier de Rouen est considérée par les observateurs comme un déplacement de routine et une opération de communication dans un pays où les services publics ne servent plus le public.
L’hôpital de Nouakchott manque de tout : médicaments, équipements et personnels qualifiés, des médecins et infirmiers, sage-femmes. En demandant l’amélioration de la qualité des services, le ministre de la Santé fait un aveu d’échec de la politique sanitaire depuis la réélection de Ould Ghazouani. Le citoyen malade est rarement pris en charge. Il est abandonné. L’accès aux soins dépend de la proximité avec les centres urbains. Ce n’est pas une métaphore c’est la réalité quotidienne des citoyens. Les familles doivent « chercher quelqu’un » pour accélérer la prise en charge. Les urgences sont saturées, mais les cas graves attendent. Les patients influents trouvent une place. Le ministère de la Santé parle de « réformes », de « modernisation ». Mais sur le terrain, les directeurs sont nommés par loyauté politique. La réforme n’est pas un slogan : c’est une urgence nationale.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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