
L’interdiction faite aux écoles privées non agréées d’inscrire et d’enseigner les élèves de la 1re à la 5e année tout en les autorisant à enregistrer uniquement en 6e est considérée par les observateurs comme un rappel qui ne s’inscrit dans aucune logique pédagogique.
Cette décision qui s’inscrit dans le cadre de la réforme du système éducatif controversé, est une fuite en avant réglementaire, où l’on interdit ce qu’on n’arrive pas à organiser. Cette mesure ressemble à un pansement posé sur une hémorragie. A quelques semaines de la rentrée scolaire, le ministère de l’Education réagit par des interdictions brutales, faute de pouvoir mettre en place un système d’agrément transparent et fonctionnel dans le privé. Cette politique pénalise les élèves, pas les fraudeurs. Ce qui est surprenant dans cette réforme c’est que l’État prétend protéger les enfants, mais il les renvoie vers un système public déjà saturé, sous‑doté et incapable d’absorber la demande. Pas étonnant que beaucoup de familles aient déjà quitté le pays pour inscrire leurs enfants dans les Etats voisins. Quand l’agrément n’est pas basé sur des critères pédagogiques, les Mauritaniens sont en face d’une incohérence réglementaire flagrante. Cette mesure est le symptôme d’un malaise plus profond celui de l’effondrement de l’école publique.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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