Mauritanie : une diaspora fragmentée mais réunie par la mémoire

Les observateurs reviennent sur une des pages les plus sombres de l’histoire de la Mauritanie, la déportation de plus de 60000 négro-africains au Sénégal et au Mali en avril 89.

La commémoration cette fin de semaine à Paris de la déportation de 1989 n’est jamais un simple rituel mémoriel. Après 37 ans de ce premier « génocide » mauritanien, sous le génocidaire Ould Taya, la diaspora entend perpétuer un contre‑discours face à un récit officiel mauritanien qui minimise ou invisibilise les violences d’État commises contre les populations négro‑africaines de la vallée. Comme chaque année, ce sont les déportés et exilés eux-mêmes, leurs enfants, les associations, les collectifs militants qui sont descendus dans la rue pour porter la mémoire de 89 même si la diaspora négro‑africaine est traversée par des divisions internes. Les manifestants se sont focalisés sur un moment d’unité autour d’un traumatisme partagé. La diaspora veut rendre audible chaque année une mémoire étouffée en Mauritanie refusant ainsi la normalisation du silence.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 27 avril 2026)

 

 

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