Le Calame – Dans une analyse particulièrement fine des derniers incendies qui ont touché deux postes de transformation de la SOMELEC et plongé plusieurs communes de Nouakchott dans le noir pendant au moins cinq jours, le professeur Lô Gourmo revient en détail sur le rapport publié par l’ONG Transparence Inclusive à propos de ces incidents. Intitulé « Au delà des dysfonctionnements techniques, de graves soupçons de violation de la loi… », le post note que « si les faits pointés dans ce rapport étaient confirmés (et rien ne semble empêcher une telle confirmation), cela révèle des violations particulièrement graves de la législation en vigueur et des règles fondamentales de la commande publique. »
Premier fait troublant selon le professeur : “l’entreprise bénéficiaire des marchés pourrait être frappée par le régime de l’article 7 de la loi n° 038-2013 relative aux incompatibilités parlementaires qui interdit notamment à un député d’être, directement ou par personne interposée, président, directeur ou gérant d’une société exécutant des travaux ou marchés publics financés par le Trésor”. Or le nom d’un député d’El Insaf, dont l’entreprise aurait gagné un marché relatif à la fourniture d’équipements pour les postes en question, revient avec insistance depuis le début de cette affaire. Plus grave encore, ajoute monsieur Lô, “le rapport met sérieusement en doute la réalité des références techniques ayant permis à ladite entreprise (CTM Bâtiment, celle du député visé) d’être déclarée éligible, à laquelle s’ajoutent des anomalies difficilement explicables : attribution d’un marché alors que quatre offres étaient financièrement inférieures, présence de concurrents disposant d’une expérience technique supérieure, annulation ultérieure d’une attribution pour défaut d’éligibilité, retard d’exécution atteignant jusqu’à cinq fois le délai annoncé sans sanction apparente, puis attribution de nouveaux marchés considérables à la même entreprise.”
La commission d’enquête, mise en place pour faire la lumière sur ces incidents, aura du pain sur la planche. Surtout que le rapport de l’ONG lui a été transmis par le Premier ministre. Une Première dans le pays. Ils ne pourront pas dire demain : «nous ne savions pas » ou « nous n’avons pas été informés ». La balle est désormais dans leurs camps et on attend avec impatience leurs conclusions pour que cela ne se reproduise plus jamais, demain.
Ahmed ould Cheikh
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com



