
Le village d’Ould Mansour dans la commune de Dar -El Barka vient d’être bouclé, des gendarmes déployés et les habitants éloignés de leurs terres mais toujours pas d’explication officielle.
Pour les observateurs, évacuer un tel espace par la force sans fournir simultanément une justification publique et précise, ne peut donc être considéré comme un acte administratif banal. Derrière cette évacuation, se cache un lourd contentieux foncier dans une région où l’expropriation des terres agricoles par l’Etat ne date pas d’aujourd’hui. Car derrière chaque hectare disputé, il y a parfois des générations d’hommes et de femmes, des puits, une école, des tombes et une mémoire. Et encore plus récemment en juillet dernier, un conflit foncier autour du projet agro-industriel « Ould Mansour », d’une transaction de quatre millions d’euros, avait été révélé par la presse nationale ainsi que des procédures judiciaires et d’une mission d’enquête dépêchée par la présidence. Lorsque toute une population quitte son village, la transparence n’est pas une faveur accordée aux habitants encore moins à l’opinion publique. L’affaire d’Ould Mansour est un triple test pour la justice, pour l’administration territoriale et enfin pour la capacité de l’État mauritanien à démontrer que la force publique protège le droit et ne se substitue jamais à lui.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com




