Mauritanie : les oubliés du système, jeunes, femmes, PME, travailleurs informels

L’accord qui vient d’être signé entre ministre de l’Autonomisation des jeunes et la Commission nationale de contrôle des marchés publics, est considéré par les observateurs comme un affichage médiatique de la création d’emplois, une promesse jamais tenue depuis 2019.

En Mauritanie, les marchés publics représentent près de 20 % du PIB. Un tel volume d’investissement public serait un moteur d’emplois massifs pour les jeunes, les femmes, les PME locales. Mais depuis 2019, ce levier est capturé par patronat et les clientélistes du pouvoir, verrouillé par Ould Ghazouani, et instrumentalisé par tous les gouvernements successifs. Les réformes de 2021–2022 ont modernisé les textes, mais pas les pratiques. Depuis des années, la commande publique mauritanienne ne crée pas d’emplois, elle crée des intermédiaires comme en témoigne cet accord qui vient d’être signé en partenariat avec le commissariat de contrôle des marchés publics. Ce qui fait que la commande publique tourne en circuit fermé, entre une poignée d’opérateurs liés aux centres de pouvoir. Pendant que les marchés publics enrichissent quelques-uns, les autres attendent c’est-à-dire les jeunes diplômés ou non chômeurs, les femmes entrepreneures sans accès au crédit, les artisans et travailleurs informels invisibles, et enfin les PME qui n’ont ni les garanties ni les relations nécessaires.

 

 

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 27 juin 2026)

 

 

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