
Les observateurs reviennent sur le paradoxe mauritanien,la signature des conventions internationales sur les droits de l’homme mais en les violant systématiquement dans la pratique quotidienne la loi contre l’esclavage.
Ce double langage est devenu une stratégie d’État qui permet à Ould Ghazouani d’engranger des financements et une reconnaissance internationale comme en témoigne le dernier conseil des droits de l’homme des Nations-Unies à New-York. L’impunité est devenue une architecture politique. La promesse des enquêtes, des réformes, des commissions nationales, n’est jamais respectée depuis 2019. Aucune affaire majeure contre l’esclavage en flagrant délit n’a débouché sur une justice réelle. Les violences policières sont presque systématiquement classées sans suite. Les discriminations contre les composantes négro-africaine et harratines sont ni reconnues ni réparées. Sur la scène internationale, la Mauritanie se présente comme un pays arabe et africain, en progrès et stable mais en réalité elle masque une fracture sociale qui ne date pas d’aujourd’hui. Cette contradiction entre l’image sur le plan international et la réalité interne, révèle que les élites politiques utilisent les droits humains comme décor diplomatique, pas comme projet national. La bataille des droits humains est une bataille de vérité qui se joue dans la capacité des autorités de Nouakchott à briser le récit officiel.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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