La saisie, cette semaine au Maroc de 54 kilos d’or transportés par une famille mauritanienne n’est pas un fait divers. Cet indice matériel de ce que les observateurs dénoncent depuis des années, est tout simplement la fuite massive des richesses nationales hors du pays.
En réalité, c’est une affaire d’Etat opérée par des réseaux familiaux, politiques et commerciaux protégés par l’impunité. 54 kilos d’or, c’est une affaire qui choque les Mauritaniens parce qu’elle confirme ce que tout le monde sait : l’or mauritanien circule hors contrôle. Pour sortir une telle quantité, il faut d’abord avoir accès aux zones d’extraction, aux réseaux de transport transfrontaliers, à la protection administrative ou douanière et enfin au silence institutionnel. Cette affaire met en lumière les circuits informels devenus des autoroutes de contrebandes de l’or artisanal (Zouerate, Tasiast, Chami) et de l’or industriel de Tasiast.Tous ces circuits sont alimentés par des commerçants influents, des familles puissantes, des réseaux transfrontaliers (Mali, Maroc, Algérie) et des protections politiques. Ce qui a été intercepté au Maroc, c’est une fraction du pillage quotidien. C’est la preuve matérielle d’un État qui ne contrôle plus ses ressources. Personne ne transporte 54 kilos d’or par hasard. Le silence des autorités mauritaniennes est une complicité par omission et derrière laquelle se cache la complicité de Dubaï d’où venait la famille.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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