Chaque année, la Cour des comptes et l’IGE publient des rapports accablants sur la gestion du gouvernement. 2025 est encore pire que les précédents sur les irrégularités financières.
Le constat est brutal. Ces institutions produisent de la vérité administrative, mais l’État refuse d’en faire la vérité politique depuis 2019. Les rapports sont censés alimenter le parquet, les tribunaux, les commissions parlementaires, les sanctions disciplinaires. Or, dans la pratique les poursuites sont sélectives, les enquêtes sont étouffées et les responsables sont protégés par des réseaux politiques. Cette inefficacité est organisée par le pouvoir exécutif pour donner l’illusion de transparence et surtout pour calmer les partenaires internationaux afin de continuer à recevoir les financements des projets de développement.
En fin de compte, toutes ces révélations ne servent à rien sinon à pérenniser un système qui étouffe la vérité. La chaîne de responsabilité est cassée à dessein. Les rapports sont produits pour être enterrés. Le pouvoir instrumentalise les rapports comme outils de chantage. La Cour des comptes et l’IGE deviennent des armes politiques, jamais des contre-pouvoirs. La boutade d’un ancien cadre mauritanien est très révélatrice de cette production régulière mais un impact quasi nul « Les rapports sont faits pour être lus par ceux qui savent qu’ils ne seront jamais inquiétés. »
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
Les opinions exprimées dans cette rubrique n’engagent que leurs auteurs. Elles ne reflètent en aucune manière la position de www.kassataya.com
Diffusion partielle ou totale interdite sans la mention : Source www.kassataya.com

