
Incontestablement, l’hégémonie de l’Arabe sur les langues nationales ( pulaar, soninke et ouolof) n’est pas un simple choix linguistique. C’est un choix politique pensé et consolidé depuis les premières heures de l’indépendance par le père de la nation Mokhtar Ould Daddah.
Ce dispositif politique initié par le premier président mauritanien entendait garantir la mainmise d’une élite arabophone sur l’Etat, l’école, l’administration et la presse. En lançant le mouvement de la repersonnalisation de l’homme mauritanien, Mokhtar Ould Daddah a commencé par imposer l’arabe à l’école sans consultation. C’est le sens de la réforme du système éducatif de 2021.
Les langues nationales( pulaar, soninke et ouolof) ont été déclassées c’est à dire non officialisées pour être reléguees au stade de langues de communication et non d’enseignement.La maîtrise de l’arabe est devenue au fil des décennies une condition d’existence administrative. Cette hiérarchisation raciale déguisée en choix linguistique est exacerbée par Ould Ghazouani depuis 2019. Son défi est de parachever l’arabisation avant 2029, la fin de son deuxième mandat. Dans les faits, l’arabisation fonctionne comme un système de classement ethno-racial ou l’arabe sert de filtre entre les différentes composantes nationales. C’est une cohabitation linguistique voulue par l’Etat ou l’école est devenu un champ de bataille pour fabriquer l’homme mauritanien plus arabe qu’africain. Les non arabophones sont exclus des examens et des concours de l’armée et des forces de sécurité, des hautes responsabilités, du patronat. La liste est longue. L’arabite est utilisée comme mythe fondateur de l’unité nationale. Ce récit sert à masquer dans tous les rouages de l’Etat la domination de l’élite arabe sur les communautés négro-africains et harratines. Cette fracture sociale est entretenue par Ould Ghazouani par le vivre ensemble. Tant que l’arabe restera la seule langue officielle, la Mauritanie restera un État inégalitaire.
(Reçu à Kassataya.com le 11 juin 2026)
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