Mauritanie : l’arabe exclusif, un signal d’exclusion

En imposant désormais exclusivement l’arabe pour toutes les notes de service au sein d’un ministère, les autorités mauritaniennes ne prennent pas une simple mesure administrative. Elles envoient un message clair : une partie de la population n’a plus pleinement sa place dans les institutions.

Dans un pays pluriel, où cohabitent plusieurs communautés, langues et identités, gouverner ne consiste pas à imposer la langue d’un groupe au détriment des autres. Une administration qui exclut linguistiquement fragilise le sentiment d’appartenance nationale et nourrit le soupçon d’une politique de marginalisation.

La contradiction est d’autant plus flagrante que la Mauritanie prétend défendre le rayonnement de la Francophonie sur la scène internationale. Comment porter haut le dialogue des cultures et la diversité linguistique tout en reléguant le français et ceux qui le pratiquent au second plan dans l’administration ? La candidature de Coumba Ba à la tête de la Francophonie en devient presque surréaliste : quelle crédibilité pour un discours de diversité quand les pratiques internes disent le contraire ?

Valoriser l’arabe n’est pas le problème. C’est la logique d’exclusivité qui l’est. Une langue ne doit pas devenir un filtre d’accès aux institutions ni un instrument de pouvoir. Une nation ne se consolide pas en rendant invisibles certaines de ses composantes. Elle se renforce en reconnaissant leur dignité.
La diversité ne peut rester un slogan diplomatique. Elle se prouve dans les actes.

 

MBG dit Alia Gaye

 

 

 

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