En pointant du doigt à la télévision nationale le fardeau de l’extraction et le transport du gaz, le ministre de l’Energie fait un aveu de taille de gouvernance de risques sur le projet gazier que la Mauritanie partage avec le Sénégal.
Le gaz est présenté comme « propre » par le gouvernement, mais son extraction et son transport sont hautement polluants. Le méthane est un puissant gaz à effet de serre et les risques d’accidents sont réels lors de son transport. Et l’Etat risque de payer cher les infrastructures qui ne vont pas profiter surtout aux communautés de pêcheurs artisanaux, déjà précarisées. Ce sont les grands oubliés de ce grand projet gazier que le pays partage avec le Sénégal. C’est la volatilité des prix mondiaux qui est pointée du doigt par les observateurs comme fardeau et non comme moteur de ce projet. Le gaz est utilisé par les autorités de Nouakchott comme narratif d’unité nationale alors que les bénéfices sont captés par une minorité. Résultat des courses. Un État qui promet l’électricité mais exporte l’énergie brute. Pour les observateurs, le gaz est loin d’être un projet énergétique mais politique, un projet de rente comme le fer, le cuivre et l’or. Et finalement, il ne résout pas les fractures sociales.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
(Reçu à Kassataya.com le 25 mai 2026)
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