Mauritanie : une réussite qui masque une fracture nationale

Les majors du brevet proviennent presque exclusivement de régions arabophones. Les 10 meilleurs sont tous arabophones.

Ces premiers résultats ne surprennent pas les observateurs qui pointent un examen national qui consacre une seule langue, une seule norme, une seule légitimité.Cette réussite masque en réalité les wilayas de la vallée qui restent sous « représentées parmi les meilleurs résultats, année après année. Cette géographie scolaire n’est pas un hasard. Elle reflète la hiérarchie ethnolinguistique qui structure le pays depuis des décennies. La dernière réforme du système éducatif accélère l’arabisation pour assimiler les écoliers non arabophones d’ici 2030. Le brevet comme le Bac devient alors un miroir de la marginalisation, un amplificateur des inégalités. Le discours officiel : “égalité des chances” est un slogan creux. En imposant l’arabe comme unique langue d’enseignement, l’État invisibilise les langues nationales et perpétue une fracture sociale qui se reflète dans chaque salle de classe. Les résultats du brevet ne célèbrent pas l’excellence : ils célèbrent l’exclusion.

 

 

Cherif Kane

Coordinateur journaliste

 

 

(Reçu à Kassataya.com le 16 juillet 2026)

 

 

 

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