
L’expulsion manu militari de la famille Koumé, cette semaine à Nouakchott suscite émotion et indignation des habitants de l’Îlot L. L’État est sommé de s’expliquer.
Derrière ce litige foncier de l’Îlot L, c’est la transparence de la justice et l’usage de la force publique qui sont pointés du doigt par les observateurs. Jamais une affaire de famille aura suscité autant d’émotion et d’indignation sur les réseaux sociaux et les rédactions nationales. Il aura fallu 9 heures d’horloge à l’huissier de justice et sept véhicules de police pour que les effets personnels de la famille Koumé, soient déposés dans la rue. Des personnes vulnérables se trouvaient parmi les occupants expulsés. Cette triste affaire réclame autre chose que le silence des autorités de Nouakchott. En attendant, la solidarité s’organise autour de cette famille installée désormais sous une tente à côté de la maison. L’État a le devoir politique et moral d’expliquer la légalité et les conditions de cette intervention. À Nouakchott comme ailleurs dans le pays, un titre foncier ne devrait jamais peser moins lourd que les relations, l’influence ou la force. L’affaire Koumé ne peut donc être réduite à une bataille entre deux particuliers autour d’un titre foncier. Car l’enjeu dépasse désormais les murs d’une maison.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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