Dans son rapport 2025, la HAPA confirme que l’Etat mauritanien n’a pas de politique linguistique et que les langues nationales (pulaar, soninké et ouolof) sont maintenues dans un rôle folklorique.
Les observateurs sont formels, ce rapport 2025 confirme la fracture sociale qui ne date pas d’aujourd’hui. Secret de polichinelle, les langues nationales ne disposent d’aucune ligne budgétaire sérieuse. Le rapport parle de « projets », de « partenariats », de « perspectives », mais jamais de montants, d’investissements, de programmes pluriannuels. Cette négation des cultures négro-africaines est visible à travers les programmes des médias publics et privés qui consacrent 21,75 % du temps d’antenne total pour la radio nationale tandis que la Télévision nationale affiche 19,39 %. C’est encore peu pour les chaînes privées qui sont sommées d’intégrer des programmes et bulletins réguliers en langues nationales (Pulaar, Soninké, Wolof) conformément à leurs cahiers des charges.
Les langues nationales sont gérées comme un hobby administratif. L’absence de l’officialisation des langues nationales (pulaar, soninké et ouolof) est réelle et reste toujours un slogan, pas un projet. Les sujets qui fâchent ne sont pas abordés, par exemple la domination exclusive de l’arabe dans l’administration. Pas un mot sur les formulaires, les actes civils, les services publics. Alors que l’IA menace d’effacer les langues non-numérisées, le rapport ne propose aucune stratégie de digitalisation, de corpus, de standardisation, de traitement automatique. Ce silence coupable est présent partout. Incontestablement, la HAPA est un organe décoratif, pas un acteur de transformation. C’est l’absence de politique linguistique qui est pointée du doigt par les observateurs. Un citoyen qui ne peut pas lire, écrire, administrer, étudier dans sa langue est un étranger chez lui, un apatride.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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