
L’initiative du professeur mauritanien Ely Moustapha d’un livre blanc s’inscrit dans une longue histoire de silences imposés, de mémoires confisquées et de luttes étouffées. Il entend transformer la diaspora en tribunal international.
Ce tribunal, bien que non institutionnel, expose les angles morts du pouvoir et redonne une voix à ceux que l’État a longtemps relégués à la marge. Dans un pays où la justice est souvent perçue comme un instrument du pouvoir ce livre blanc est un acte de résistance intellectuelle qui refuse la normalisation de l’impunité. Le professeur Ely Mustapha propose un cadre où les victimes deviennent témoins, les injustices deviennent dossiers et la diaspora devient juridiction morale. Ce tribunal est une riposte symbolique contre un État qui a trop longtemps échappé à la reddition de comptes. Il ouvre la voie à une stratégie de pression internationale et crédibilise ainsi la diaspora qui porte les récits des exils, les archives des discriminations, les preuves des violences structurelles et les revendications des communautés marginalisées. En définitive, le tribunal ne renverse pas le système mauritanien, mais il renverse le silence des autorités de Nouakchott. Il ne répare pas encore, mais il ouvre la voie à la réparation.
Cherif Kane
Coordinateur journaliste
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